Label marocanité : Du sel sur une plaie

Le commentaire franc du collier qui hurle la déception, voire le dégrisement qui succède à l’euphorie. La posture mondaine, mine de ne pas s’y’intéresser, qui glisse quelques vociférations narcissiques. Il y en a même qui ont pédagogiquement avoué s’être abstenus. Pour garder leurs mains propres de cette mascarade, ils ont préféré voter avec leurs pieds en se détournant des urnes. Ils en oublient qu’une abstention est une voix stérile et muette. L’abstention, c’est la meilleure manière de se faire cocufier puisque la majorité, quel que soit le scrutin, gouverne toujours avec les voix de l’abstention. Je veux ajouter mon grain de sel.
D’évidence, le mode de scrutin pose problème, il ajoute, en plus de la foultitude des partis, une confusion du fait qu’il soit à un seul tour. Ainsi, il favorise l’expression des citoyens le jour de l’élection pour devenir l’affaire des partis le lendemain. Conséquence, c’est le spectacle des désignations des maires et des exécutifs, dans plusieurs villes, qui donne toute sa dimension kafkaïenne de la politique. Et Rabat, de ce point de vue, est un spécimen. Si on veut que la politique soit l’affaire des citoyens, il faut un scrutin de liste, à deux tours, avec des têtes de liste clairement identifiées avant la tenue même du scrutin, surtout dans les grandes villes. Projet contre projet. Et bilan contre bilan.
La combinazione, voilà ce qui rend moche la politique. Les alliances contre nature, les marchandages à l’italienne, les pactes invertébrés. Dans ce registre, ce sont l’USFP et le PJD qui remportent la palme. Le PJD, sans pour autant être normalisé, y perd un peu sa vertu. Il est contaminé par les pratiques politiciennes. A sa décharge, il y a lieu de reconnaître que la scène politique n’est pas aussi épurée qu’une mosquée. Il est curieux, Par ailleurs, de voir qu’on parle plus allégrement des villes gagnées par le PJD que des villes qu’il a perdues à l’issue du scrutin. Comment se fait-il ? Perdre une ville après un mandat me semble plus significatif que d’en gagner pour y faire ses preuves.
Enfin, pour la bonne bouche, pour mon plaisir, il y a deux villes qui ont été remportées par des personnes issues de l’émigration. Il s’agit de Mohammédia, par l’enfant de Dreux et de Bouknadel par le plus célèbre décolleté du Maroc, venu tout droit d’Amérique. Je lui ai posé la question comment elle vit sa starification, elle m’a répondu, dépitée, «it’s too much for nothing*».

 * Beaucoup de bruit pour rien.

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