Label marocanité : Israël, la névrose régressive

Quelle est la stratégie politique des dirigeants actuels de l’Etat d’Israël ? Visiblement, négocier est un verbe qu’ils ont biffé, ces derniers mois, de leur grammaire. Il est tout de même étrange pour des dirigeants, Ehoud Olmert et Amir Peretz pour ne citer que les deux principaux, issus tous deux de la société politique, sans légitimité militaire, et de les voir tellement pénétrés par l’option belliqueuse. On aurait pu s’attendre, avec des hommes de ce métal, à des choix qui favorisent, en lieu et place de la politique de force, la force de la politique. C’est bien, au contraire, parce qu’ils n’ont pas la légitimité militaire d’un Rabin ou d’un Sharon, qu’ils donnent le sentiment d’avoir ce besoin immodéré d’exhiber les biceps. L’argument massue : on ne touche pas à l’armée Tsahal. Et même au plus petit brigadier de ce corps. De fait, Israël préfère un soldat israélien mort à un soldat israélien kidnappé. Il fera toujours plus pour ce dernier. Il en va de sa crédibilité et de sa capacité de mobilisation des futurs jeunes juifs du monde. Le caporal Gilad Shalit, soldat détenu depuis deux semaines, n’est-il pas Français? Que penseraient les autres jeunes dont la mobilisation est cruciale si d’aventure l’Etat hébreu devait traiter les affaires d’enlèvement avec le revers de la main ? De là à procéder à l’enlèvement de soixante-quatre personnes dont un tiers du gouvernement palestinien, il n’y a qu’un palier qu’aucune autre considération n’a semblé pouvoir empêcher.
L’Etat d’Israël par sa puissance insolente et son terrorisme d’Etat est en train de justifier, par avance, tous les terrorismes. Il ne lui a pas suffi d’affaiblir le nationalisme palestinien laïque en soutenant autrefois le Hamas favorisant ainsi le nationalisme islamiste. Voilà que les Israéliens instrumentalisent, aujourd’hui, ce même Hamas comme un épouvantail pour mener des actions punitives dignes des méthodes de punitions collectives chères aux nazis. On trouve un autre parallélisme des formes lorsqu’on évoque les relations des Américains avec Ben Laden. Il l’ont créé comme arme fatale contre les Russes avant qu’il ne se retourne contre eux tel le monstre de Frankenstein. Le reste est une question de cynisme : une fois le mal absolu désigné, dans un échange symbolique d’atavismes historique et religieux, on peut tout se permettre : attaquer des objectifs civils, détruire les infrastructures, casser les ponts, affamer le peuple, réduire les hommes et les femmes, qui sont déjà dans le dénuement absolu, à vivre l’époque des cavernes. En plus d’être odieux, c’est tout bonnement démoniaque, tant cela finit par renforcer la dépendance de ce petit peuple.
Des bouts des lèvres, le G8 avait appelé les Israéliens à plus de retenue dans leur réaction disproportionnée. Autant dire qu’ils ont pissé dans un violon. Non seulement ils n’ont pas été entendus, mais l’armée israélienne vient de rentrer au sud Liban avec armes, bombardements et bagages…
Le Proche-Orient n’en a décidément pas fini avec ses bourbiers.

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