Label marocanité : La Bourse casino

C’est aussi, cependant, l’endroit où il y a le plus de voyous au mètre carré. La Bourse, c’est un peu la même chose. C’est un espace où se déploie un système fondé, comme au casino, sur le bluff et où peuvent se croiser des escroqueries de grandes envergures type «subprimes», actions junkie, LBO… Elle est peuplé de gens et surtout d’institutions financières, bancaires et assureurs traders qui s’en mettent plein les poches quand tout va bien et qui, dès que cela va mal, n’hésiteraient pas à vider celles des autres, c’est-à-dire, le plus souvent, du contribuable. Aucune Bourse au monde n’aime l’interventionnisme de l’Etat. Elles l’adorent toutes, le côté blanchisseuse de l’Etat, quand elles sont est en difficultés ou quand elles sont rupture de stock en matière de confiance. Il y a là une schizophrénie idéologique portée comme un blindage à toute épreuve.
Il y a des idéologies qui s’érodent et qui s’usent avec le temps. Elles meurent parfois de leurs contradictions internes. Le communisme, par exemple, n’a pas survécu à son excès d’Etat et son manque de liberté et de démocratie. Le capitalisme financier, lui, se complaît dans l’idéologie de la voracité sans pour autant assumer totalement les conséquences de l’indigestion et des errements. Il a beau trébucher plusieurs fois, il ne donne jamais le sentiment de tirer des leçons des cendres même d’où il renaît. Incorrigible et amnésique.
L’actuelle crise tranche, pour l’instant du moins, le débat entre les tenants du moins Etat et le plus Etat, bien entendu en faveur de ces derniers. Elle repose aussi le débat sur la mondialisation heureuse. Sans vouloir être ni l’Albanie d’antan ni la Corée du Nord, la question de la nation retrouve sa vitalité et semble encore avoir de l’avenir.
Quant au Maroc, malgré les discours rassurants, il sera atteint. Ce n’est pas ce qui se passera dans sa Bourse casablancaise qui sera le plus grave. Cela, c’est peanuts. Ce qui, en revanche, pourrait nous alerter, ce sont les possibles dégâts collatéraux qui pèseront lourdement sur des variables extérieurs et dont notre pays n’a pas toute la maîtrise. Il s’agit, par exemple, des secteurs économiques comme le tourisme, les transferts MRE, les exportations ou les projets d’investissements où la facture risque d’être lourde à payer. Je ne sais qui a dit : «Ne mettez jamais votre confiance dans l’argent. Mettez votre argent en confiance». La situation actuelle lui donne drôlement raison.

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