Label marocanité : La Marocaine de Sarkozy

Villepin, l’enfant de Rabat, a son Azouz Begag, produit de l’immigration algérienne. Sarkozy lui a carrément une arme fatale. Elle s’appelle Rachida Dati, produit de l’immigration marocaine. Si Azouz Begag se laisse aller, parfois, à jouer l’Arabe de service et le porte flingue de circonstance. Rachida, excepté elle-même, ne semble être au service de personne si ce n’est de Sarkozy. Elle n’est même pas sarkozyste. Elle est sarkophile.
Il faudra, à l’avenir, compter avec ce personnage dont la silhouette n’est frêle que d’apparence. Elle est plutôt du genre à être trempée dans un métal fait pour les fusées spatiales. Nouvelle figurine de la beuritude, elle incarne la toute dernière lignée qui fait synthèse entre immigration et banlieue. Entre le populaire et le béton. Cette génération qui comprend mieux les ressorts du malentendu entre la France et une partie de ses enfants. Rachida doit certainement abhorrer le mot beur. Elle dit avec un certain cran et un cran certain qu’elle est «française d’origine française». Tout est dans la nuance avec ceux qui revendiquent la souche ou la couche. En cela, elle ne renie pas son origine maghrébine qui fait sa force ni essaye d’apparaître plus française que les Français comme le ferait un certain Rachid Kaci. Elle affirme juste, subtilement et calmement qu’elle est un produit made in France
Interviewée lundi matin par El Kabbach, quitus de la consécration politico-médiatique, elle a talentueusement esquivé tous les travers et les chausse-trappes apparaissant comme ayant tiré une saine leçon de toutes les méprises, nombreuses, qui ont jalonné l’histoire de la France avec son immigration maghrébine.
Elle est certes issue de la classe populaire, mais elle semble refuser le refuge, facile au demeurant, dans l’accoutrement d’une Cosette. Pour ce qui est de la légende, on serait, avec elle, plutôt dans le registre d’une Cendrillon choisie par le prince de la politique française, Nicolas Sarkozy himself. Après avoir été sa conseillère au ministère  de l’Intérieur,  Rachida vient d’accéder à la fonction fabuleuse et enviée de porte-parole du candidat de l’UMP.  Sa double filiation maghrébine, avec d’un côté un père marocain, maçon, et une mère algérienne, femme au foyer, en fait un râteau identitaire qui brasse large. Elle est, à sa manière, cette union maghrébine impossible sur les terres de ses aïeux. Sa naissance dans une famille de douze enfants en fait un symbole de l’ascension sociale, par l’effort et le travail. A elle seule, elle veut incarner le slogan de son mentor pour qui «tout est possible…ensemble».
Son curriculum vitae est chaotique. Un travail dans une grande surface ou dans un hospice pour financer ses études et puis la BERD, Matra et l’école de magistrature. Elle est en cela le contraire de l’idée de «la panne de l’ascenseur social» dont elle devient une des réparatrices? Enfin, ce parcours et ces rencontres, souvent provoquées : Albin Chalandon, Jacques Attali, Lagardère, Simone Veil, Marceau Long…. Pour aboutir à un profil œcuménique qui suggère l’audace et l’ambition.

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