Label marocanité : l’ADN du PAM

J’ai regardé mardi l’émission politique Hiwar. L’invité de l’épisode était Hakim Benchamass. Pour lever tout équivoque, je le dis d’emblée, c’est un ami. C’est la raison, même si j’ai pris l’émission en cours, pour laquelle je l’ai regardée et presque scrutée avec beaucoup d’attention.
Certains n’ont retenu que la massive présence sur le plateau, à côté d’El-Himma, d’un Driss Lachgar, ministre depuis moins de vingt-quatre heures. Ils y ont vu, je le suppose, le retournement de ce dernier, son reniement, voire l’incarnation du cynisme en politique. Je laisse cela aux érudits de la quincaillerie politicienne. Moi j’y ai vu «bêtement» le ministre chargé des Relations avec le Parlement invité par un président de groupe. Et franchement, l’essentiel était ailleurs. Je m’explique.
Benchamass est l’un des initiateurs du MTD et l’un des promoteurs du PAM. Il incarne, si j’ose dire, son aile gauche. Universitaire et rifain de conviction, il est élu, au dernières communales, à Yaâkoub El Mansour, quartier populaire de Rabat. Depuis les élections de la deuxième Chambre, il est président du groupe PAM dans la Chambre de Biadillah. Sous cet angle, il est donc neuf comme un sou dans le paysage politique. Il en personnifie même la mutation tant désirée.
Paradoxe de l’émission. Il y avait comme une juxtaposition de la continuité ancrée et de la rupture sereine. Si la première s’incarnait dans un Mustapha Alaoui, éternellement jeune et qui a le péché mignon de vouloir être la vedette de son émission. La rupture était du côté du passage brillant de Benchamass. Le changement en politique, c’est le fond certes. Mais c’est aussi le style.
Hakim a réussi son passage non pas pour avoir évité la langue de bois avec un propos, à chaque fois, charpenté et captivant. Non pas pour avoir déjoué, avec talent, les pièges des questions qui aiment à se concentrer sur l’accessoire au détriment de l’essentiel. Non. La vraie hardiesse, c’est cette diffusion de la puissance de conviction et la clarté dans les postures qui, avec force, transcendaient l’écran. Derrière l’habit de l’élu, il y avait la conviction intacte du militant qui fait vivre, n’en déplaise aux détracteurs du tracteur, la vraie ADN du MTD dont le PAM est héritier.
Quand à la fin de l’émission, Alaoui, taquin et espiègle, sonde Benchamass sur Ilays El Omari et sur Mustapha Ramid. Sur le premier, celui-ci certifie son amitié pour le trublion, rifain comme lui, mais évoque, pour le définir, ce que disait Jenny Von Westphalen sur son mari Karl Marx «il est égoïste dans son amour pour les autres». Sur le député PJD, il va être, pour l’expliquer, cruel et persifleur en se contentant de citer Abraham Serfaty «une minute de réflexion est mieux qu’une année d’insulte». Un homme ne se définit-il pas par ses références ?

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