Label marocanité : Le prix de la haine

Je ne pensais pas épiloguer, dans ces colonnes, sur un livre tant Naïm Kamal, mon ami, s’était acquitté de la besogne. Mais à la lecture de « Quand le Maroc sera islamiste », j’ai du mal à résister à l’incompressible envie de revenir sur cet opuscule qui participe d’un rabâchage malfaisant et, pour tout dire, méprisable.
Le titre à lui seul est un programme. Un libellé sans point d’interrogation ni d’exclamation. Malgré le « quand », conjonction de subordination, on est d’emblée dans le registre de l’affirmation, de la prophétie quand ce n’est pas celui d’une espérance inavouable. Plus insidieux. Affirmer que le Maroc « sera » islamiste, c’est dire qu’il ne sera plus une monarchie. Chacun en convient, une monarchie islamiste est un oxymore. C’est-à-dire un énoncé qui porte entre le substantif et l’adjectif une contradiction telle qu’il y a incompatibilité.
Les auteurs ensuite. Le livre, de petite facture, est écrit à deux mains. A l’homme, connu en France pour être l’avion renifleur de tout ce qui pue en Afrique, le travail documentaire archi-exploité. A la fille, inconnue au bataillon, collaboratrice, par intermittence, d’un hebdo marocain auquel l’ouvrage est dédié, une petite enquête sommaire dans le terrain de l’islamisme. Ces aventuriers de la plume usent de leur citoyenneté française comme d’un airbag pour explorer, au Maroc, des sujets sensibles. 
Tout deux partagent des complicités évidentes avec un quarteron de Marocains, presque des nègres, qui sont animés par un leitmotiv : être pour tout ce qui est contre le Maroc et contre tout ce qui est pour le Maroc. Dès lors, ce travail se ressource, pour l’essentiel, dans de ce milieu. Mais aussi dans des biotopes interlopes, dans les poubelles des services de certaines ambassades et autres obscurs agents de liaison.
Force est d’admettre une chose de nature à donner l’urticaire. Il y a, en France aujourd’hui, des centaines de milliers de Français d’origine marocaine ou maghrébine qui n’ont même pas le droit, à juste titre, de siffler la Marseillaise. Tandis qu’au Maroc, il y a une poignée de Français, qui ne sont même pas Marocains, et qui passent leur temps à échafauder des scénarios catastrophes et à ourdir des complots, heureusement épistolaires, contre le pays, ses institutions… et surtout sa monarchie.
Quant au livre enfin, il n’est pas écrit pour éclairer les Marocains. Encore moins pour témoigner ou pour comprendre. Il est monté pour faire peur aux opinions étrangères qui misent sur le pays. Résultat: un travail orienté, complaisant et paranoïaque. Un vrai vaporisateur d’anxiété.
L’intolérable, c’est la bienveillance, la fascination morbide pour les tenants des plus obtus de l’islamise marocain. Même les «barbus domestiqués» du PJD ne trouvent pas grâce aux yeux des auteurs. Ils n’oseraient pas, en France, soutenir les Talibans, les Hezbollah et autres Hamas. Ils trouvent, cependant, à leurs clones marocains des vertus révolutionnaires, des circonstances atténuantes et un visage avenant et sympathique.
C’est dire où peut mener la haine de la monarchie: converser méchoui avec des anthropophages.

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