Label marocanité : les libellules de la mort

La crise peut dérouter les finances du monde et mettre à terre  des économies entières et en banqueroute des pays comme la Grèce. La marée noire peut truster le devant de la scène pour disparaître le temps qu’un avion se crashe en Inde.  C’est ainsi. Une catastrophe chasse une autre. Une information évacue une autre. A la Une d’un jour se substitue, le temps d’une émotion, celle du lendemain. L’attaque de la flottille par Israël a accaparé l’attention du monde. Sous le brouhaha international contre cette violation indigne, une autre information est passée presque inaperçue. C’est la mort  du « cheikh » Saïd al Masri, alias Moustafa Abou al Yazid, numéro trois et responsable opérationnel d’Al Qaïda, Il  a été liquidé par frappe de drone américain dans les zones tribales du Pakistan frontalières de l’Afghanistan. Rien donc ne semble détourner les Américains de leur offensive besogneuse contre le terrorisme même si ce travail, sans être discret, est enfoui sous le fatras et le vacarme du monde. Cette mort est présentée par les services de renseignement américains comme un grand trophée. Elle a été confirmée par Al Qaïda, ce cheikh est considéré par les Américains comme l’argentier d’Al Qaïda. Il passe pour avoir fourni des fonds à l’un des principaux kamikazes des attentats de New York, Mohamed Atta. Comme quoi, on ne dit pas pour rien que la vengeance est un plat qui se mange froid. Congelé en la circonstance.Ces attaques par drone sont un vrai tournant dans la stratégie de guerre, surtout contre le terrorisme. Ce n’est pas Star Wars, mais tout comme. Vous avez ainsi des militaires qui se présentent dans leurs bureaux le matin. Ils se mettent devant leurs ordinateurs. Ils manipulent un joystick et suivent sur écran des images qui se trouvent à des milliers de kilomètres. Quand la cible est repérée, il suffit d’appuyer sur le bouton pour activer le missile et le tour est joué. Ces mêmes militaires, après avoir décimé l’ennemi, rentrent le soir chez eux prendre le souper avec leurs enfants. Avec ces libellules cybernétiques, le travail est propre, net et précis. Tout est virtuel sauf les victimes. Et les dégâts collatéraux. Dans le cas de Saïd Al Masri, il y a sept personnes, dont sa femme, qui sont morts dans l’opération. Il était, paraît-il, sur la terrasse de sa maison en train de prendre ses médicaments pour diabétique avant qu’il ne soit déchiqueté totalement, lui et ses gardes corps, par un missile venu de nulle part. Discret et simple à mettre en œuvre, peu cher et non habité, l’usage des drones répond surtout à l’aversion des pays occidentaux pour la mort de leurs soldats.

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