Label marocanité : l’éthique du Care

Depuis que les spins doctors se sont emparés du langage politique. Les élections présidentielles constituent à chaque fois l’occasion pour la floraison des concepts qui captent l’air du temps avant qu’ils ne se traduisent en des slogans politiques. Avec Mitterrand, la force tranquille, quelque peu paternaliste en 1981 ou La France Unie en 1988 d’un Mitterrand  devenu «tonton» correspondaient à un besoin de protection presque familial. La France pour tous de Chirac en 1995 reposait sur la lutte contre la fracture sociale entendait combattre une société duale et fortement inégalitaire. Sarkozy lui ressentira le besoin de la rupture tranquille pour une société où on doit travailler pour gagner plus. A chaque fois, ces slogans sont le résultat d’un processus d’élaboration d’idées produite par l’auscultation des humeurs de l’opinion et des pouls du corps électoral. Les socialistes français sont en train de préparer (de réparer) leur projet pour 2012. Martine Aubry vient de lancer dans le débat public un nouveau concept : le Care. Terme d’origine anglaise, il est plus polysémique qu’il ne peut l’être dans sa traduction française qui le réduit à la notion de soin où pèse la dimension thérapeutique. En anglais, to take care, c’est prendre soin, mais c’est aussi faire attention et aussi se soucier. C’est-à-dire prendre en compte ce qui est vraiment important pour soi et pour les autres. On est presque dans la recherche du bien-être. L’égalitarisme du projet socialiste désormais défunt, faisons place à la solidarité protectrice. La politique là va au-delà de la proximité. Pour aller vers l’intime. En avançant ce terme, Martine Aubry entend plaider pour un modèle de société basé sur la solidarité et de bien-être. C’est presque du thermalisme politique. Les réactions n’ont pas tardé. Chez les politiques comme chez les commentateurs, à gauche comme à droite. On ressent même un certain mépris. Une des ministres de Sarkozy a disqualifié, presque dans les mêmes termes  que Manuel Valls le socialiste, l’innovation Auby. Elle a parlé  du «Care» comme «une philosophie dorlotante pour malade et perdants» et comme «une approche régressive pour la société». Jack Lang, un tantinet cynique, privilégie quant à lui le «yes we can» d’Obama au «yes we care» d’Aubry. Sans compter les journalistes qui font dans la surenchère des calembours. «Nunucherie» pour les uns. «I don’t care» pour les autres où la «Rose du care» un pastiche d’un des titres de Woody Allen.

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