Label marocanité : Mauvaise année

Je n’avais vraiment aucune envie de parler de choses désagréables. Comme on est à l’intersection d’un Aïd et d’un réveillon, il est un peu difficile d’aborder des sujets brûlants avec des propos fielleux dans un contexte propice aux textes mielleux. Mais se contenter de dire bonne année est difficile lorsqu’on jette un regard panoramique sur l’année qui s’écoule et dont nous vivons les dernières heures. On est bien obligé de constater qu’il est peu aisé de faire un voeu pour le monde arabe et musulman tant la situation est pénible.
Pour tous ceux qui, comme moi, ont rêvé d’un Etat palestinien, ce qui se passe à Gaza est proprement insoutenable. Ce micro-territoire est au bord d’une guerre civile opposant les islamistes du Hamas au  Fatah. La crise interpalestinienne est tellement tendue que les responsables palestiniens sont même invités par le roi de Jordanie, Abdallah II, qui propose ses bons offices de médiateur. Le monarque hachémite souhaite en effet réunir le chef du gouvernement palestinien Ismaïl Haniyeh et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas du Fatah, pour tenter de trouver une solution à l’escalade de la violence. Il s’agit de faire rencontrer un Président et son Premier ministre sur un terrain neutre. Bonjour le rêve de souveraineté. C’est risible, si ce n’était pas tragique.
Dans le chaos irakien, les Américains, férus des symboles, viennent d’assister, cette semaine, à l’augmentation d’une statistique sinistre. Ils ont vu défiler leurs 2975 morts, c’est-à-dire deux morts plus que les victimes du World Trade Centrer. A ce macabre chiffrage, s’ajoutent plus de 20000 blessés américains, des jeunes, le plus souvent estropiés à vie. Sans oublier le nombre de victimes irakiennes de cette sale guerre civile et religieuse entre chiites et sunnites. Sans oublier que le devenir de l’Irak, sa balkanisation féroce, religieuse et tribale seront catastrophiques pour le pays, mais aussi pour toute la région. Cette vision cauchemardesque fait passer la condamnation à mort de Saddam Hussein pour une peccadille.
Les troupes éthiopiennes, entrées en guerre ouverte dimanche dernier contre les forces de l’Union des tribunaux islamiques, qui contrôlaient jusqu’ici la majeure partie du territoire de la Somalie, ont infligé une véritable déroute aux islamistes. Hourra! La belle affaire. Un pays, symbole de famine qui s’en prend à un autre symbole de misère. En Afghanistan, la détalibanisation est loin d’être totalement acquise. Le pays est loin d’être pacifié. Les attaques d’insurgés atteignent parfois des violences inouïes. Les Afghans, eux, n’ont plus d’illusions sur le gouvernement du président karzaï qu’ils jugent corrompu. Cinq ans de chasse à l’homme technologique sans venir à bout d’une bande d’ombres armées de fusils d’antiquité. Elle est tenace la mauvaise herbe.
Mitterrand disait, devant le Parlement européen, le nationalisme, c’est la guerre. On pourrait sans trop de difficulté, le pasticher en disant que le radicalisme islamiste, c’est la guerre. Les exemples cités ci-dessus l’illustrent parfaitement.

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