Label marocanité : Témoignage interne

Dans Son discours du 6 novembre 2006, le Souverain a confié au CCDH la mission de lui fournir un avis sur la création d’un conseil dont Il promettait l’avènement avant la fin de l’année 2007. Le conseil est là et la promesse royale est tenue. 2 remarques cependant :

1. Ce qui n’était qu’une antienne et une ritournelle du débat public sur l’immigration depuis des années est aujourd’hui une réalité. Le conseil des Marocains du monde n’est, cependant, pas un objectif en soi. C’est un moyen au service d’une oeuvre qui commence à peine. Pour sa genèse, les options et la méthode entreprises par le CCDH, bien que ardues, ont généré une dynamique inattendue et ont permis des rencontres fécondes notamment avec des talents brillantissimes camouflés jusque là par le brouhaha de tous ceux qui se veulent les représentants autoproclamés de la communauté marocaine. Durant cette expérience exaltante, il nous a été donné  de rencontrer des Marocains merveilleux: parcours inouï, réussites exemplaires, amour cristallin du pays, désintérêt et désir de dévouement. Et ils sont l’expression des mutations profondes que connaît cette émigration : une intégration irréversible dans les pays d’accueil, un niveau d’instruction supérieur, une pénétration dans tous les segments de la société : universitaires, médecins, ingénieurs, acteurs associatifs, et politiques. Ils sont des milliers de par le monde. Ils ne demandent rien si ce n’est être utiles à leur pays comme s’ils voulaient s’acquitter d’une dette. La plupart d’entre eux ne demandaient même pas à siéger dans le conseil. Mais il sera du devoir de celui-ci de déployer tous les moyens, pour les intégrer dans la démarche car ils sont disponibles pour donner le meilleur d’eux-mêmes.

2. le choix de l’option évolutive avec, dans un premier temps, la cooptation comme moyen de désignation n’est pas dicté par des raisons sournoises ou cachées. Pas plus, comme on l’a dit ici où là, par la peur des urnes. Ce choix fut favorisé, dans l’état actuel des choses, par l’impossibilité purement technique d’organiser ce scrutin surtout dans le temps imparti. Il ne suffit pas de dire, «comme un cabri», élections, élections, élections. Encore faut-il pouvoir garantir l’organisation du scrutin dans toutes les parties du monde où se trouve une communauté marocaine, ce qui, vu l’ampleur de cette donnée, reste considérable. Encore faut-il pour organiser un scrutin avoir un corps électoral incontestable, ce qui est loin d’être le cas. Encore faut-il procéder à des découpages justes et équitables, ce qui n’est pas une mince affaire. Encore faut-il garantir l’égalité de chaque Marocain dans le monde face à l’organisation de ce scrutin, c’est-à-dire aussi bien celui qui habite dans la région parisienne, ce qui peut être facile, que celui qui vit en Océanie ou en Malaisie, ce qui est au jour d’aujourd’hui, est une pure chimère.
Ceux qui ont les élections plein la bouche mais qui ne prennent jamais le soin de les organiser dans leurs propres associations, doivent savoir que ce sont là des questions sérieuses et complexes. Qu’elles nécessitent du temps pour les régler correctement. Ce défi, le conseil a maintenant quatre ans pour le relever.

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