Label marocanité : Texte et contexte

Label marocanité : Texte et contexte

Le week-end denier, la France a bouclé les trois ans qui nous séparent du 21 avril 2002. On s’en souvient, en France cette date est marquée du fer de la défaite pour la gauche. Elle est celle du triomphe des maquisards du rejet et des adeptes de la récusation. Elle demeure un souvenir nauséeux pour les démocrates, de droite comme de gauche.
A force de zapping et de vote défouloir, la République et la France se sont vite retrouvées défigurées, voire souillées par la présence, au second tour, d’un candidat de l’extrême droite. Le choix, bien que cruel pour bon nombre, s’est très vite imposé. La France, qui s’était réveillée groggy, s’est vivement ressaisie. Plus question de suffrage-défouloir ou de vote-zapping. C’est massivement que les Français iront aux urnes de mai. Beaucoup iront à contrecœur y compris avec des attirails insolites type pinces à linges sur le nez ou mains gantées. Pour ceux qui s’en rappellent, Jacques Chirac, président sortant et bientôt réélu, avait même refusé de débattre avec son adversaire tellement celui-ci le révulse.
La profonde démoralisation de la France d’aujourd’hui n’est, en partie, que le soubresaut de cette élection par défaut. Nombreux sont celles et ceux qui vivent mal les réformes douloureuses et parfois agressives des gouvernements Raffarin. Les Français ont eu l’occasion d’émettre un signal fort lors des régionales de mars 2004 et aux européennes de juin. Chirac en a fait fi. Au-delà de sa surdité supposée, il maintient Raffarin contre vents et marées. Celui-ci, malgré l’intégralité des leviers de pouvoir, a failli dans sa mission de confection d’espérance. Pour cette raison, il fédère sur sa personne une impopularité âpre, chronique et inédite par sa résistance.
La situation interne de la France pollue donc le débat sur le traité constitutionnel. Elle le rend irrationnel et impur. Le risque est sérieux de voir les Français infliger un grave revers à la consultation référendaire. Les sondages s’enchaînent et confirment, de plus en plus, la possible victoire du «non» à la Constitution. Si cela devait être le cas, les citoyens auront utilisé une  occasion supplémentaire pour exprimer leur rejet  de la politique intérieure.
La confusion est totale et le contexte dessert le texte. Les électeurs vont malicieusement se tromper de calendrier démocratique. Ils procéderont ainsi  à une sanction par transfert de responsabilité comme lorsque l’on parle de transfert de culpabilité.
L’aréopage des défenseurs du «non», hybride et chimiquement impur, fait œuvre facile dans ce trouble et désordre du sens. Ils surfent, opportunément et parfois avec légèreté, sur l’humeur gâtée des Français. Les partisans du «oui», eux, ont une mission presque impossible. Ils doivent expliquer, faire œuvre de pédagogie, vendre un idéal que contredit, souvent, le réel.
Dur, dur, le mois de mai.

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