Label marocanité : Un billet gauche

En bas de la Une, dans un billet intitulé «D’un jour à l’autre » se sont glissées, entre sourire narquois et phrases malicieuses, des idées peu ragoûtantes. Circonstance aggravante, le papier n’est pas signé. Cela n’engage que d’autant plus l’USFP et sa publication. De quoi s’agit-il ?
Le billet revient sur la décision de Driss Benhima, Pdg de RAM, d’envisager l’embauche de 150 hôtesses de l’air d’origine gabonaise ou ivoirienne. Il s’en offusque et y voit une fantaisie pathogène arguant lea nombre de nos chômeuses et chômeurs. Il spécule sur la vision cauchemardesque si ce type d’idées germerait, par contamination, dans d’autres têtes de dirigeants d’entreprises marocaines qui recruteraient alors Brésiliennes et autres Roumaines. Ce style de complainte porte un nom: la préférence nationale.
Qu’on se comprenne bien. Il ne s’agit pas de n’importe quel canard. C’est de l’organe de l’USFP qu’il est question. C’est-à-dire le parti d’Abderrahim Bouabid, de Fathalah Oualalou et de Mohamed El Gahs. Que ce parti soit dans une phase fiévreuse et grippale, c’est un fait ! Mais là, il doit prendre garde. Ce type de posture est plus de l’ordre de l’infection éruptive que celui du simple éternuement.
Qu’on se comprenne bien. Un pays qui a 3.200.000 émigrés dans le monde, dont de nombreuses hôtesses de l’air notamment dans des compagnies arabes, ne peut et ne saurait aborder la question de ses propres immigrés avec cette désinvolture et ce mépris. Un journal de gauche, quels que soient sa situation et le nombre de ses lecteurs, ne peut se laisser aller à ces sorties gauches. Dans ce billet, il y a du racisme enseveli sous un nationalisme de mauvais aloi. Les militants de l’USFP doivent être les premiers à professer la nuance entre patriotisme et nationalisme. Le premier, c’est aimer son pays tandis que le second, c’est détester les autres.
Qu’on se comprenne bien. Un pays qui a une cause nationale à défendre avec un siège vide à l’OUA ne doit pas donner aux Africains le sentiment qu’il les méprise. Nous avions déjà fort à faire avec les événements de Sebta et Melillia. Nous avions déjà dénoncé le journal du Nord qui avait alors traité les Subsahariens de «criquets». Faudra-t-il aujourd’hui rappeler à plus de vigilance un parti historique membre de l’Internationale socialiste et où je compte beaucoup d’amis.
Qu’on se comprenne bien. Les principes soumis à la géométrie variable sortent de la famille des principes. Un ministre des Finances de ce parti a récusé autrefois, et à juste titre, cette idée de préférence nationale soutenue, lors de l’élaboration du contrat de plan Etat-FNBTP, par Karim Ghellab alors ministre de l’Equipement. Les arguments du moins-disant seraient-ils plus vigoureux que les fondamentaux doctrinaires.
Dans le marché aérien, me disait un ami, seules survivent les compagnies bien gérées. Personne n’a intérêt donc à affaiblir la RAM dans sa quête de baisse de coûts. Encore moins le journal d’un parti qui participe au gouvernement.

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