Label marocanité : Un furoncle dans nos chevilles

Ceux-ci étaient destinés à faire chanter les Britanniques afin qu’ils libèrent Abou Qatada, grande figure du terrorisme international. Il fut arrêté par les Anglais au lendemain de l’attentat qui a frappé Londres en juillet 2005. Les malfrats réclamaient qu’Abou Qatada soit parachuté sur le Waziristan. D’évidence, le caractère farfelu de cette exigence dissimule mal le but patent de ce type d’opération qui est, in fine, la rançon sonnante et trébuchante. On se souvient que, dans la même région et situation, l’Autriche a dû s’acquitter d’une grosse dîme en euros avant d’aboutir à la libération de ses ressortissants.  
Ces histoires semblent ne pas nous concerner si ce n’est du point de vue de l’inhumanité des actes. Et pourtant, cela touche directement notre stabilité, notre avenir et notre modèle de société. La barbarie est à nos portes. La bête immonde a pris ses quartiers sur les bordures de nos frontières et au sud de nos pieds. Et si les mers somaliennes sont  devenues les hauts lieux de la piraterie, le Sahel constitue désormais une large bande pour la chasse du gibier humain. Du Soudan et la Somalie jusqu’aux confins du Mali et de la Mauritanie, il y a comme un corridor insécure. Un potentiel de déstabilisation. C’est une zone grise devenue stratégique pour la logique terroriste qui la considère, grâce à ce commerce juteux, comme une pompe à fric pour financer l’achat des armes et autres munitions. C’est une zone de non- droit où islamistes aux abois, contrebandiers de tout acabit et mafieux sans scrupules se liguent dans un business crapuleux qui menace l’équilibre de la région. L’habillage idéologique drapé dans l’étendard d’un Islam libérateur n’est pas la moindre des escroqueries de ces gens sans «foi» ni loi. Le Mali peut en témoigner aujourd’hui, lui qui a cru jouer les bons offices avec ces marchands de la mort. On ne le dira pas assez : On ne discute pas cuisine avec des anthropophages.
Cet état de fait est un argument supplémentaire et décisif à verser dans le plaidoyer pour l’Union maghrébine. Nous ne serons pas assez nombreux, ensemble Marocains, Algériens, Tunisiens, Libyens… pour déloger ces malfrats qui se faufilent dans les interstices de nos incohérences et nos disputes. Sans quoi, nous finirons par avoir une situation similaire à ce qui se trame dans la frontière afghano-pakistanaise. Le Maghreb peut et doit se construire sur les décombres de la lutte contre le terrorisme. C’est ensemble et seulement ensemble que nous pouvons vaincre sa logique.

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