Label marocanité : Un label mérité

Cet exercice, renouvelable tous les quatre ans, nouvel instrument d’une instance des Nations Unies, est une forme de passage sur le gril. Très égalitaire, chaque nation doit se soumettre à l’examen. Il faut d’abord rendre un écrit qui synthétise toutes les avancées ou les reculades en matière de respect des droits de l’Homme. Il faut ensuite se soumettre à un  grand oral qui se tient, trois heures durant, devant un jury constitué par toutes les autres nations. Le Maroc, et cela n’a rien à avoir avec l’ordre alphabétique, devait passer en troisième position après Bahreïn et la Tunisie.
La délégation marocaine, forte de nombreux hauts fonctionnaires, était guidée par Abdelouahed Radi, ministre de la Justice. On sentait chez le groupe  une légère anxiété. Cela faisait penser à la fébrilité des bacheliers qui, après avoir trimé jusqu’au surmenage, s’impatientaient d’en découdre avec l’épreuve de maths-physique. Dans une salle archicomble et après l’intervention du ministre de la Justice en guise de préambule, ce n’est pas moins de 56 nations qui vont poser des questions, demander des éclaircissements ou émettre des exhortations au Maroc en particulier sur les recommandations de IER, sur le sujet des migrations ou sur les questions de la presse. Certes, l’expression diplomatique prenait le dessus sur la verve polémique. Certes, certaines interventions, notamment des pays européens, étaient plus sourcilleuses que d’autres. Mais globalement pour ne pas dire unanimement, le Maroc a été salué comme un pays qui entreprend de réels efforts et qui se distingue par un traitement singulier de son passé et de son présent.
La séance s’achevant par une salve d’applaudissement, le groupe marocain soulagé va vite se rejoindre pour se congratuler et se féliciter. Un brin de patriotisme, du bonheur et une profonde fierté ont vite empli l’enceinte austère des Nations Unies. Manquaient cependant les youyous.
On se plaît à dire que notre classe politique manque d’hommes d’Etat. Mais il y a lieu d’admettre que nous avons de grands commis de l’Etat. Le nom de l’ambassadeur Oulichki, visage avenant et incarnation d’une diplomatie intelligente, a été plébiscité par tous les intervenants. La présence de Monsieur Omar Hilal, fin connaisseur des arcanes de la diplomatie onusienne genevoise, constituait un élément d’assurance et une valeur ajoutée pour le plaidoyer du dossier marocain. Et le renfort de Mohamed Abdnabaoui, directeur des affaires pénales, n’est pas en reste.
A aucun moment la question nationale n’a été abordée. L’Algérie (qui passe son examen lundi prochain) a préféré ne pas intervenir, pas plus que l’Afrique du Sud ou Cuba. Chaque pays pense à son propre passage comme chaque chameau se préoccupe de la grosseur de sa bosse. On sentait en revanche l’odeur pimentée de la soupe aux grimaces chez les quelques «polisariens» présents dans la salle, faufilés parmi les ONG fort nombreuses.

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