Label marocanité : Une missive sans ambiguïté

Il dénonce, par allusion, la nationalité de papier qui réduit la citoyenneté à sa dimension passeport. Celle qui donne la possibilité de « jouir des droits de la citoyenneté, et les renier en complotant avec les ennemis de la patrie». La missive est on ne peut plus claire. Elle s’adresse à ceux qui cultivent les accointances avec les ennemis de la cause nationale.
En dehors de l’irritation manifeste, il y a dans ce discours des tournants sémantiques qui imprimeront à l’avenir le débat sur nos provinces du Sud.
Le plus remarquable, c’est le puissant usage du mot citoyenneté. On évite dans ce discours de parler que du Peuple, terme générique. On y parle de citoyenneté qui invite à la responsabilité de chacun et à la clarté des positions. Dans un morceau qui marquera désormais le lexique politique marocain, il y a comme une sentence : la marocanité ne se saucissonne pas.
Secundo. En convoquant à la citoyenneté sincère, il y a comme un appel à la mobilisation de tous. Par le passé, on a comme confondu sacralité, presque totémique, du dossier avec la confidentialité, voire le secret de sa gestion. Du coup on a appauvri involontairement l’esprit de la Marche Verte dans sa dimension populaire. L’affaire de nos provinces de Sud doit redevenir, dans son expression, l’affaire de tout le peuple marocain. J’en prends pour exemple la qualité du débat des jeunes organisé, le 6 novembre, par le MTD.
Tertio. Le discours royal invite à une citoyenneté patriotique. Les usages, dans tous les pays du monde, invitent au respect des causes et des emblèmes qui fédèrent un peuple et une Nation. La sémantique patriotique n’a rien à avoir avec la sémantique nationaliste. Faut-il le rappeler encore une fois : Etre patriote, c’est aimer son pays. Etre nationaliste, c’est détester celui des autres.
Enfin. Si l’identité marocaine, complexité qui mérite débat, n’est pas réductible à sa seule dimension citoyenne bien que celle-ci en constitue la clé de voûte, la citoyenneté ne saurait être réductible à sa plus simpliste expression qui est l’exercice de certains droits politiques. Car l’identité marocaine est un creuset. Elle  est l’unité dans la diversité. Elle s’est nourrie, au fil de l’histoire, de plusieurs confluents. Sans compter que, dans les trente dernières années, s’est s’ajoutée une donnée nouvelle : Aujourd’hui 10 à 15% de la Communauté nationale vit sous d’autres cieux où ils sont sommés de négocier avec  la problématique identitaire et citoyenne des autres (Pays-Bas, France…)

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