L’autre jour : Communication

Le manque de communication est toujours un drame. Mais quand cela a des enjeux immédiats, qu’il vous atteint de plein fouet dans vos projets et vos espoirs, cela prend des proportions d’une faillite en cascade et attire sur vous opprobre et ridicule. L’histoire à laquelle il est fait allusion ici est celle d’un président de commune à l’est du pays. Il appartient au principal parti de la majorité, mais dans le courant qui est actuellement minoré et décrié au sein de cette formation. Jouissant du statut de député qu’il a obtenu grâce au soutien de personnalités qui viennent de faire sécession dans la dite formation, il s’inquiète, comme beaucoup d’autres d’ailleurs, pour son siège et ne croit que très peu aux chances d’une réélection à l’automne prochain. Alors, fébrile, il multiplie les impairs et veut absolument se faire remarquer pour des «faits d’armes» qui se révèlent le plus souvent des feux de paille. Il y a quelques mois, il a monté une kabbale contre le gouverneur de la province à laquelle il appartient, sous des prétextes assez démagogiques qu’il est parvenu à fourguer au quotidien arabophone de son parti. Cela a valu au commis de l’Etat un billet à la «Une» de ce journal qui le prenait directement à partie et en des termes très disgracieux. Le député en était très fier et pensait détenir là de quoi atténuer les critiques qui lui étaient faites sur son mode de gestion de la municipalité et les diverses incompétences avérées dans la direction des affaires de la cité. Plus récemment, il est revenu à la charge en mettant sur le compte du même gouverneur et via le même procédé, un billet dans le journal du parti, à propos de la décision de la mise à l’écart d’un caïd, dans l’une des communes de la province. Mais, cette fois-ci, il s’est fait taper sur les doigts. Car il s’est avéré que le caïd en question fut écarté de son poste non pas à l’initiative du gouverneur pour des faits qui lui seraient reprochés localement, comme cela a été dit dans le billet journalistique, mais il a été sanctionné pour des fautes professionnelles dans un dossier qui l’a suivi de son ancien poste à Safi, à l’autre extrémité du pays. Mais, mieux encore, dans cet ancien poste, l’agent d’autorité en question avait déposé plainte contre le Premier ministre en sa qualité de Directeur du quotidien pour un autre article du journal qui le mettait en cause. Alors, tout cela, dans la commune orientale actuellement, explique que notre député est devenu l’objet de tous les quolibets et sarcasmes pour s’être mis à dos à la fois le gouverneur mis en cause, injustement, selon lui, les militants locaux sur lesquels déteint le ridicule de la situation et la direction du parti et du journal qui pouvaient très bien se passer de cette casserole.

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