Les nouveaux visages de la solidarité

Les nouveaux visages de la solidarité

Dans des années, lorsque des sociologues se pencheront sur l’évolution et les changements de notre société, il est fort probable qu’ils dateront des années 2010 le tournant auquel nous sommes en train d’assister. Personnellement j’ai la chance de le vivre – au quotidien – de l’intérieur : se détournant de plus en plus de la classe politique, tous partis confondus trop occupés par la politique politicienne, et donnant un grand coup de jeune au mouvement associatif, les 20-30 ans changent en profondeur le mode d’engagement dans notre pays.

Privilégiant le concret au bla-bla, rejetant le bling-bling des salons d’hôtel abritant les conférences traditionnelles, utilisant les réseaux sociaux comme une caisse de résonnance, c’est sur le terrain et au plus près de la population, que la jeunesse a choisi de s’engager et de s’investir. En quelques années, des figures jeunes, nouvelles se sont imposées en locomotive d’un nouveau mouvement associatif.

La culture, les arts, le débat, l’environnemental, le social… sont leurs domaines de prédilection et s’il en est un où le changement est vraiment palpable et exemplaire de toutes ces formes d’engagement il s’agit bel et bien de celui de la solidarité !
Les inondations qu’avait connues notre pays l’hiver dernier en avaient été le témoin, notre jeunesse a pris à bras-le-corps le sort de la population ! Cette population dont ils sont issus, et c’est là sans doute que réside un changement majeur, car depuis longtemps ce sont des personnalités issues de la «classe aisée» qui assuraient ce rôle. Il faut avoir l’honnêteté de reconnaître que c’est d’ailleurs SM le Roi qui a ouvert la voie aux nouvelles formes de solidarité, rappelons-nous la création de la Fondation Mohammed V pour la Solidarité, alors qu’il était encore prince héritier !

 

Ce mois de Ramadan représente une sorte de diapason en matière de mobilisation jeune et populaire : les jeunes se bougent comme jamais pour venir en aide aux plus démunis, aux délaissés, aux sans-abris, aux personnes âgées seules… Quelques exemples : Ftourna Solidaire à Marrakech, Ftour Bab Rayan, Ftoor for All, Ftour des Ladies Circle… à Casa, et bien d’autres, mais je voudrais dans cette chronique mettre en exergue l’action menée par les jeunes souiris de l’association Vent Nouveau. En effet, ces actions menées jusqu’à présent avec plus de facilité dans les grandes villes commencent aujourd’hui à essaimer dans les petites villes où la mobilisation de mécènes est plus difficile, où le poids du regard du voisinage est plus lourd, où la jeunesse est moins expérimentée.

Ces jeunes donc ont choisi une heure avant le ftour de se répartir par petits groupes dans les rues, les ruelles, les habitations vétustes, les places… à la rencontre des nécessiteux: le nom de leur initiative m’a interpellé, «Ftour bla bik?  maykmelch !», littéralement mon ftour sans toi ne serait «pas complet»… voilà tout est là, cela résume parfaitement la philosophie de l’investissement solidaire de notre jeunesse : se mobiliser pour ceux d’entre eux qui sont restés sur le bord du chemin, pour ces familles qui vivent l’exclusion…
Les «Ouled Chaab» à la pointe de l’engagement.
 

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