Lettre de Marrakech : Oliver Stone, un géant du cinéma à Marrakech

Lettre de Marrakech : Oliver Stone, un géant du cinéma à Marrakech

Marrakech, avec la parution de cet article, va vivre une des plus grandes manifestations qui se produit dans l’année, à savoir le Festival international du cinéma dont les détails, les tenants et les aboutissants seront traités par les spécialistes-médias de ce domaine. Aussi nous avons estimé, pour notre part que la « lettre de Marrakech » devait célébrer cet événement fort attendu en parlant et en présentant l’une des plus grandes figures actuelles du cinéma : Oliver Stone. Le hasard a voulu que ce géant de l’écran comme producteur et réalisateur, soit depuis un certain temps chez nous en train de réaliser une énorme production : Alexandre le Grand avec des acteurs et pas des moindres. Se rapprocher d’Oliver Stone pour le décrire, est-il nécessaire tant que les critiques cinématographiques, les journalistes spécialisés et les gens du cinéma en ont parlé avec beaucoup d’appréciations sur sa vie et surtout par sa production énorme et qui a fait de lui un grand du cinéma à part. Oliver Stone est né à New York un 15 septembre 1946, d’un père américain et d’une mère française. Il a fêté il y a donc, presque 20 jours son 57ème anniversaire dans la ville rose Marrakech, choisie pour tourner son film « Alexandre le Grand ». Sa vie estudiantine commence en 1957 à la Trinity School puis à la Hill School en 1960. Ayant abandonné les études en 1965 pour aller enseigner l’anglais au Vietnam et publier des nouvelles en vivant à Mexico l’année d’après pour un temps très court. Entre 1967 et 1968, Oliver Stone est rappelé comme soldat au Vietnam en servant dans la 25ème Division d’infanterie où il obtiendra la médaille de bronze et la Croix pourpre pour ses mérites et ses services dans cette guerre d’Asie, où il servait à la frontière cambodgienne et où il a été, par deux fois, blessé pour être transporté à Saigon. Après ses quinze mois de service, il retourne aux USA pour être basé à la station de Fort Lewis à Washington. C’est en cette année de 1968 qu’il va entrer à l’université de New York pour étudier le cinéma derrière un certain Martin Scorsese qui sera, comme nous le savons, un des plus grands producteurs de Hollywood. Oliver Stone sortira en 1971 avec un diplôme de cinéma et commencera sa carrière de scénariste et de réalisateur. Attiré par tous les aspects de la profession, il produira pour lui ou encore pour le compte d’autres réalisateurs tels que : Alan Parker, Brian de Palma ou encore Michel Cimino. D’un avis unanime, il ressort qu’Oliver Stone est un homme attachant et très intelligent. Nous allons voir que si certains de ses films n’ont pas connu le succès attendu par nos attentes (et les siennes aussi), ils gagneront en reconnaissance beaucoup plus, en vieillissant, que ceux des confrères réalisateurs du moment. Son premier film, « Seizure», a été réalisé en 1973, film d’horreur n’ayant pas rencontré le succès qu’il mérite et Stone déçu, replonge dans l’écriture jusqu’en 1978 où il écrit le scénario du film : « Midnight Express », avec son ami Alan Parker comme réalisateur. Ce film très attachant qui raconte la vie en milieu carcéral dans une prison turque, reste surprenant et rencontre un succès fabuleux grâce au scénario d’Oliver Stone et la qualité de la musique du film. Du reste, le film reçoit le meilleur « Academy Award » pour la meilleure adaptation de scénario. Ce succès va permettre à Oliver Stone de réaliser son deuxième film : « The hand » avec comme interprète principal : Michael Caine. Ce film est excellent puisque c’est au genre du thriller fantastique que s’attache Oliver Stone et M. Caine, excellent, joue le rôle de ce dessinateur qui perd sa main lors d’un accident et qui doit faire face à une série de meurtres commis par cette même main. En 1983, Oliver Stone en tant que scénariste et Brian de Palma comme réalisateur vont sortir : « Scarface», un film réussi grâce à l’entente et à la qualité du travail des deux hommes. De plus, ce film dont l’acteur principal, Al Pacino, a été critiqué par son extrême violence. Or Oliver Stone, on le sait, n’est pas de cette nature, son objet d’analyse nécessaire qu’est la violence, n’est que l’image qu’il veut transcrire, décrire caractérisant la société américaine, sa société qu’il espère être civilisée et sage comme il est, lui, dans sa nature. Signalons aussi qu’Oliver Stone a écrit les scénarios de certains films à succès comme : « Conan of Barbarian » (1982). « Year of the Dragon » (85) et « 8 millions ways’to die » (86). C’est en cette année 1986 qu’il va faire le film « Platoon », un des meilleurs films sur la guerre du Vietnam, relatant la violence et les actes à comportement criminel perpétrés par les soldats américains sur la population civile vietnamienne. Film réussi mais qui provoque un scandale aux USA. Ce film sera suivi par un autre « Salvador », avec comme tête d’affiche : James Wood, c’est une réflexion et une analyse politique de la guerre qui ravage ce pays. Avec Platoon surtout et Salvador, Oliver Stone est devenu célèbre, sur les projecteurs du monde du cinéma, un grand. Platoon tourné avec Charlie Cheen, Tom Berenger et William Dafoe est une réussite phénoménale si bien que « l’Academy of Motion Picture Arts and science » lui décerne le prix du meilleur film de l’année et Oliver Stone reçoit son premier « Best Director Award ». Le film sera aussi au top du box-office avec 250 millions d’entrées, le plus grand film de 1986. Après cette grande réussite, Oliver Stone va se lancer dans l’étude politico-économique de son pays en réalisant : « Wall street » avec encore Charlie Sheen, son père Martin et le grand Michael Douglas, ce film critique de la place boursière et ses impacts politiques notamment l’étude de la spéculation des années 1980 et le phénomène « Yuppie ». Cette dernière réalisation est aussi primée. Mais Oliver Stone va pousser l’investigation dans les problèmes de son pays, il a toujours cette volonté d’ausculter l’histoire et les valeurs de son pays. Aussi il va réaliser deux films : « J. F. Kennedy » et « Nixon», deux figures emblématiques de la vie politique américaine, célèbres, le premier par son malheureux assassinat à Dallas au Texas et l’autre par la fâcheuse affaire du « Watergate ». Oliver Stone reviendra au sujet vietnamien par la sortie en 1989 de « Né un 4 juillet » et « Ciel et terre » en 1993. Ces films n’ont pas l’envergure de « Platoon », certes, mais apportent une nouvelle étude de ce drame asiatique, avec bien sûr une distinction de deuxième meilleure réalisation de «l’Academy Award». C’était Tom Cruise qui enrolera la peau d’acteur dans le rôle de Ron Kovic, pendant son réel service au Vietnam, et c’est à ce moment après son retour aux USA, handicapé qu’il réjoint le mouvement anti-guerre au Vietnam. Le film reçoit une critique négative de l’establishment américain et on comprend le pourquoi de la chose. En 1991, il sort le film : « The doors » qui retrace l’histoire des plus fameux et populaires chanteurs des années 60-70, avec Jim Morisson comme pierre angulaire du sujet. En 1994, Oliver Stone va s’attaquer à un sujet d’ordre social par la sortie de « Natural born Killer » (Tueurs nés) où une fois de plus, il est attaqué par les lobbies religieux et de la famille conservatrice. Le cinéma « stonien » a reçu beaucoup de critiques et de réserves, par contre son cinéma ne présente aucune ambiguïté comme dans le rôle de ce présentateur-radio kamikaze dans « Talk Radio » (98), film considéré comme l’un des plus réussis chez Oliver Stone. Son avant-dernier film est «U-turn» (98) est passé presque inaperçu, saturé de la violence, et où Sean Penn y est sublime dans un film réussi. Actuellement, le film «Any Given Sunday» (L’enfer du dimanche en 2000), considéré comme l’exemple de cette incompréhension, a été critiqué par les professionnels et le public, mais il reste une très bonne réalisation et qui décrit une belle toile du monde du football américain et ses dessous. On voit donc que notre grand réalisateur Oliver Stone, va fouiner des domaines, non pas interdits, mais un peu fermés pour tout le monde, pour les explorer et faire découvrir au monde leur dessous. C’est un homme qui « déflore » le non-dit, et ose, par ses réalisations de films combien intéressants, nous révéler certaines vérités. Actuellement, il est à Marrakech, en train de tourner son film : Alexandre le Grand, un grand tournage relatant la vie de ce grand homme avec un plateau d’acteurs et pas des moindres ceux qu’on s’arrache pour les grands films d’aujourd’hui. On a pu côtoyer lors d’une soirée, la semaine dernière, les acteurs de ce film comme Colin Farell, ce bel Irlandais, grande star déjà à 27 ans ou encore Vald Edward Kilmer, cet Américain de 44 ans ou la belle Angelina Jolie toute auréolée de son oscar du meilleur second rôle féminin dans Girl interrupted (Une vie volée). Ce sont des acteurs qui vont réaliser un beau film sous la direction du réalisateur Oliver Stone et qui se plaisent à tourner à Marrakech où un climat super les accompagne pendant leur séjour et le tournage. Quand à Oliver Stone, Paris Match vient de sortir tout un grand reportage sur sa rencontre avec Fidel Castro. On a pu voir, jusqu’où cette rencontre, nous délivre les secrets de Cuba et de son chef âgé aujourd’hui de 75 ans mais toujours aussi révolutionnaire à sa façon. Stone a réussi à montrer les prisons cubaines, les dessous de Cuba en présence de Castro mais aussi il a pu lui poser des questions que peu de journalistes pouvaient faire, un scénario grandeur nature à la dimension de Monsieur Oliver Stone. Maintenant le hasard a voulu que le tournage du film « Alexandre le Grand » d’Oliver Stone se passe dans notre belle cité en parallèle avec le 3ème Festival international du film (3-9 octobre 2003). Si Oliver Stone a choisi Marrakech, c’est parce qu’elle devient une cité attirante pour les cinéastes peut-être le futur Hollywood marocain auquel cas des grands comme Oliver Stone auraient laissé leur empreinte si importante. Merci Monsieur Stone, car si Marrakech est le fief des riads, de la Palmeraie et d’une belle Médina, ça va bientôt être un fief du cinéma et des studios, en partie grâce à vous. Thank you great man and welcome always in Marrakech.

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