Mêmes causes, mêmes effets

Mêmes causes, mêmes effets

Chez nous au Maroc si les jeunes n’ont pas voté, si les femmes se sont abstenues, si la population dans son immense majorité s’est détournée des scrutins c’est parce qu’ils ne sont plus dupes de ces politiques qui ne viennent à leur rencontre que quelques semaines avant une échéance électorale.

L’élection présidentielle aux USA montre une fois de plus qu’en période de doute, la peur de l’inconnu, la peur de l’Autre, la méconnaissance des autres cultures attisent et attirent le repli, le rejet, le conservatisme. Ne sachant où l’on va et ce qui nous y attend, nous préférons nous barricader, nous claquemurer, nous renfermer sur ce que nous maîtrisons ou croyons maîtriser, souvent d’ailleurs cela s’accompagnant d’un relent de «c’était mieux avant».

Le peuple dans le sens où il représente souvent la frange la plus fragile de la population, en tout cas celle qui se sent le plus «en danger», cherche celui ou celle qui s’adressera à lui et le rassurera, qui l’apaisera dans sa crainte de l’avenir, le «bercera», saura lui porter de l’intérêt …

C’est là qu’interviennent les plus madrés des politiques, ceux qui savent surfer sur ce besoin et qui pour leur propre réussite utilisent à merveille le populisme: populisme qui mobilise le peuple par des promesses électoralistes et qui flatte ses «bas instincts» comme le nationalisme, le racisme et exacerbe les réflexes sécuritaires. Hélas l’Histoire a montré que cette démagogie peut mener aux pires dérives. Pour autant il ne faut pas inverser les responsabilités, ceux qui se laissent bercer par les populistes ne le font que parce que rien d’autre ne leur est proposé, de crédible, de concret. Lorsque les peuples se «font avoir» par ceux qui au bout du compte causeront leur malheur, c’est tout simplement parce que nul autre n’a su «être populaire» dans le sens de «s’adresser au peuple» !

Aux USA Hillary Clinton n’a pas su trouver les chemins du peuple, s’adressant à une élite, au show-biz, aux médias mais pas à l’Américain moyen ou appauvri. Chez nous au Maroc si les jeunes n’ont pas voté, si les femmes se sont abstenues, si la population dans son immense majorité s’est détournée des scrutins c’est parce qu’ils ne sont plus dupes de ces politiques qui ne viennent à leur rencontre que quelques semaines avant une échéance électorale. Parce qu’ils n’en peuvent plus des promesses non tenues, du mépris que cache mal une forme de condescendance, parce qu’ils n’en peuvent plus d’être transparents !!!

Au Maroc, le PJD a été élu par son noyau dur d’électeurs, qui lui ira voter quoi qu’il arrive… quand la population, elle, se moque comme d’une guigne que depuis plus d’un mois le pays n’ait pas de gouvernement…preuve s’il en est besoin que ce n’est pas la population qui s’est détournée de la politique mais bel et bien la politique qui a oublié que le peuple existait !

Et la France dans 6 mois risque bien de suivre les mêmes pas…  De combines en petites manœuvres, de renoncements en aveuglement, ses dirigeants – de gauche comme de droite, obnubilés par leur nombril – n’ont-ils pas cru que la population s’indignerait que l’un de ses hommes politiques ignore le prix d’un pain au chocolat, alors que cette population -elle – en est réduite à reculer devant le prix d’une baguette de pain !

Une seule solution s’offre à ceux qui continuent à croire que la politique -noble- a pour objectif d’être au service des citoyens : être populaires -au sens vrai du terme- pour vaincre le populisme !

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