Mieux vaut en rire : Ballon rond et ballons vides…

Mieux vaut en rire : Ballon rond et ballons vides…

Dans mon petit mot pour rire de mercredi, j’avais parlé très superficiellement du Mondial des clubs, cet énorme événement que notre pays organise à l’insu de son plein gré, du moins si l’on en croît ce qu’on raconte un peu partout. En tout cas, à voir comment on a bricolé ce qu’on a appelé pompeusement «Cérémonie d’ouverture de la Coupe du monde des clubs – Agadir 2013», il n’y a aucune raison de ne pas le croire.

Comme l’ont écrit certains confrères pourtant généralement très mesurés, ça ressemblait plus à une ouverture d’un Moussem que du lancement d’une fête mondiale de football : des troupes folkloriques aux vêtements bariolés, aux rythmes approximatifs et à la gestuelle exténuée. On se croirait dans un baptême du fils d’un quelconque caïd de village, ou dans une opération de circoncision collective financée par un quelconque candidat véreux dans un douar pourri du pays dit profond.

Oui, c’est vrai, il y avait ces désormais célèbres ballons blancs. Mais, que ce soit les petits ou les géants, tout ça ne volait pas très haut. Bref, ça ressemblait à tout sauf à ce que ça prétendait être : une cérémonie d’ouverture d’une manifestation d’envergure internationale.

En vérité, au début, je n’avais rien vu de toute cette mascarade, non pas parce que ça ne m’intéressait pas, ce qui n’est pas tout-à-fait faux, mais surtout parce que j’étais pris ailleurs. Si le foot est l’opium du peuple, moi, je plane avec autre chose, chose d’ailleurs que je ne vous révèlerai pas.

Na ! Je vous disais donc qu‘au début, je n’avais rien vu, mais, comme j’ai reçu tellement de coups de fils et de textos, je suis rentré illico-presto chez moi pour constater de visu les dégâts. Je ne sais pas qui est responsable de cette catastrophe, mais les responsables, eux, doivent sûrement le savoir. Mais moi, si je le savais, et surtout, si je le pouvais, je lui flanquerai une fessée déculottée dans le stade d’Agadir, c’est-à-dire sur le lieu même de son crime. Et pour qu’il ne recommence plus jamais, je transmettrai cette cérémonie en direct à la télé, aussi bien sur les chaînes nationales qu’internationales.

Avec ça, le monde entier saura au moins que nous ne pratiquons pas les exécutions sommaires sur la place publique, mais, par contre, nous ne laissons pas les délits d’outrage culturel à autrui qu’il soit autochtone ou étranger, et d’insulte à l’intelligence artistique qu’elle soit populaire ou élitiste, impunis. Blague à part, je pense qu’on ne devrait pas trop rigoler avec ça. En effet, comme tout le monde sait que cette plaisanterie sportivo-politico-folklorique va nous coûter très cher, on aurait pu quand même faire un effort sur sa cérémonie d’ouverture, ne serait-ce que pour nous aider à mieux avaler la pilule. Au lieu de ça, ils nous ont assommés avec… ça ! C’est scandaleux !

A ce propos, ce que j’ai trouvé très marrant dans cette histoire, c’est que même les plumes râleuses qui sont toujours pressées de pester contre «l’utilisation abusive de l’argent public», crient aujourd’hui avec les loups, c’est-à-dire nous, contre cette gigantesque «chouha» , traduisez : «La honte». Heureusement que le match qui a succédé à ce cirque qui n’en était même pas un, nous a réconfortés.

C’est pour ça que je tiens à féliciter les fabuleux bleus néo-zélandais qui n’ont pas du tout démérité, et remercier nos valeureux verts qui non seulement ne nous ont pas déçus, mais en plus, ont confirmé que dans ce pays, il n’y a pas que des nuls. Cela dit, si on pouvait profiter de cette occasion pour écarter et éloigner tous les nuls des postes de décision, je suis sûr qu’on ne gagnerait pas que des matchs, mais on gagnerait également la grande bataille contre la bêtise et la ringardise. Ah si on pouvait m’entendre ! En attendant, je voudrais vous souhaiter, et nous souhaiter à tous et à toutes, un très bon week-end et une très bonne continuation du Mondial. Quant aux nuls…

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