Mieux vaut en rire : Cocorico!

Mieux vaut en rire : Cocorico!

Plus les élections présidentielles en France s’approchent et plus les gens de chez nous, bon… disons plutôt… «certaines gens chez nous», s’y intéressent comme si notre avenir en dépendait. C’est vrai que c’est un peu vrai, mais de là  à ne parler pratiquement que de ça, je crois qu’on exagère un peu. Moi, j’ai des potes qui sont capables de vous donner le programme complet des meetings de leur candidat préféré et même, pour certains, de vous réciter des paragraphes entiers de leurs discours. Faut dire que chez ces gens-là, monsieur, on a des vrais débats. Oui, bon, parfois ça reste au raz des pâquerettes ou des sabots des vaches, mais, grosso-modo, ça monte souvent plus haut que chez nous. Je ne dis pas qu’il faille encore qu’on copie nos voisins gaulois, mais, des fois, copier ce n’est pas forcément coller à leur réalité. Tenez! Prenez par exemple leur cinéma. Je n’ai pas besoin de vous le dire — ne serait-ce que parce que tous les médias d’ici et d’ailleurs en ont parlé en long et en scope — mais l’énorme succès outre-Atlantique du film «The Artist» est un vrai cas d’école. Comment un film français, qui ne parle même pas français puisqu’il est muet, de surcroît en noir et blanc, bref, comme on disait de Samy Davis Jr, qui a tous les défauts, arrive à décrocher, dans le propre territoire des Yankees, pas un, pas 2, pas 3, pas 4, mais 5 oscars, ladies and gentlemen, sous vos applaudissements?!? Vraiment, une avalanche de prix comme ça, ça vous laisse sans voix.  Si je vous raconte ça, ce n’est pas pour vous demander «pourquoi pas nous ?», même si je le pense profondément, mais pour vous dire que le cinéma, comme tout art majeur ou mineur, est capable de réaliser des miracles, mais à condition qu’on laisse les artistes créer, et donc, souvent, délirer, comme ça leur chante. Bien sûr, après il faut des moyens et tout et tout, mais comme on vient de le voir, les Américains, même avec leurs milliards de dollars et leurs immenses stars, se sont faits clouer au poteau par un cinéma, considéré là-bas, jusque-là, comme «indigène». J’espère que nos «responsables» en tireront les leçons nécessaires, et, surtout, qu’ils vont arrêter de nous tartiner avec ces faux problèmes de «défense de notre identité nationale» car l’art, la culture, le talent et la créativité n’ont ni pays ni nationalité. Et puisque je suis dans le patriotisme, est-ce que quelqu’un parmi vous peut m’expliquer pourquoi la majorité de ceux qui ont gueulé ces derniers jours, parfois à raison, sur les échecs de notre sélection de football, sont restés presque muets après sa victoire contre Burkina ? Oui, je sais que ce n’était que par 2 buts à zéro, et qu’en plus ce n’était qu’un match amical, mais de là à le passer sous silence, ça prouve que la mauvaise foi et la cécité font souvent bon ménage. Et à propos de cécité, j’aimerais revenir sur un grand scandale dont j’ai déjà parlé un peu et vite, il y a quelques jours, à savoir la publication du relevé de compte de Gerets, et donc, le viol du secret bancaire. Je veux bien croire que ce type ait fait des gaffes impardonnables, mais le fait de fermer les yeux sur ce délit notoire, et, pis, qu’on en rigole comme d’une grosse blague, montre la haute vue que nous, Marocains, avons de la démocratie et, tout simplement, de la vie privée. Franchement, si c’est ça «notre identité nationale», je préfère me naturaliser Zoulou, car, les Zoulous, eux, nous font toujours croire qu’ils sont des primitifs, alors qu’ils doivent bien se marrer de notre haute et bien dérisoire suffisance. Bon week-end les créateurs !

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