Mieux vaut en rire : Femmes, indignez-vous !

Mieux vaut en rire : Femmes, indignez-vous !

Nous sommes le 8 mars, et c’est bien sûr la très institutionnelle et très traditionnelle Journée internationale de la femme. Je comprends que certaines de mes amies féminines, cousines, voisines ou même ex-copines se révoltent contre l’idée d’accorder une seule journée dans l’année à la femme. Ce n’est pas seulement réducteur, c’est humiliant. Cela dit, on ne va pas laisser les seuls misogynes, phallocrates et autres sexistes célébrer cette journée horriblement unique. Pour ma part, tous les ans, je décide d’ignorer cet  anniversaire si singulier, histoire de montrer mon désaccord le plus mâle contre cette ségrégation abjecte, mais, à chaque fois, je suis obligé, à mon corps défendant, de prendre ma plume de pèlerin et de mettre du mien. Cette année, ma résolution était encore plus résolue. Il faut dire qu’avec le flot des messages et des commentaires que j’ai lus ça et là sur la stupidité d’une telle commémoration, j’avais décidé de remplacer le traditionnel bouquet de roses rouges que j’offrais tous les 8 mars à ma douce moitié, par une simple promenade à pied au bord de la mer. Avec le froid qui sévit en ce moment et la pluie qui tombe de temps en temps, je m’étais dit que ça ne pouvait que me rafraîchir les idées et me rappeler que ma supériorité supposée n’était qu’une idée reçue. Et voilà que mercredi soir, je tombe sur une émission télé où un homme entouré de 5 femmes, plutôt jeunes, tentaient tant bien que mal, ou plutôt tant mal que bien, de parler de la femme comme s’ils parlaient d’un mal incurable ou d’une catastrophe. D’aucuns pourraient m’accuser d’en vouloir spécialement à cette émission, ou pis, à cette chaîne plus qu’à une autre, mais ils auraient tort. D’abord, l’animateur, je l’aime bien, et la plupart des dirigeants et dirigeantes de cette chaîne sont mes ami(e)s. Mais cela n’empêche pas que j’ai parfaitement le droit d’user de mon droit de citoyen et de téléspectateur pas moyen et de m’élever à chaque fois que j’en ressens l’envie ou le besoin contre les aberrations de certains de leurs programmes. Ceci étant précisé, revenons-en à nos jeunes femmes et à leur sympathique compagnon. D’abord, c’est vrai que la thématique choisie – «Que signifie être une femme de 20 ans dans le Maroc d’aujourd’hui?» (J’ai traduit comme j’ai pu) – pourrait expliquer en partie la jeunesse du plateau, mais je me suis demandé pourquoi sur les 5 charmantes invitées, 4 étaient voilées? Je vous prie de me croire que je n’ai rien contre le voile car j’estime que chaque femme a le droit de s‘habiller comme elle veut, et ce qui m’intéresse le plus c’est ce qu’elle a sous son foulard, autrement dit, dans la tête. Mais, comme j’ai la prétention de me connaître un tout petit peu dans le monde de l’audiovisuel, ou plus exactement dans la communication, personne n’arrivera à me convaincre que c’était juste une coïncidence. Qu’on ne me fasse pas croire non plus que c’est aussi par hasard que juste derrière une des invitées voilées, on a mis dans le public une autre femme encore plus voilée qu’elle.  Je veux bien qu’on respecte «le pluralisme social» ou même qu’on fasse plaisir à ceux que vous savez, mais là, je trouve qu’on en a fait un peu trop. Sincèrement, j’aurais fermé les yeux sur tous ces détails bassement vestimentaires, si le débat était à la hauteur de l’enjeu. Or, je vous assure que c’était au ras des pâquerettes. On aurait dit une discussion entre collégiennes adolescentes dans une cour de récré. De plus, la plupart des idées exposées étaient soit convenues, soit franchement archaïques. Or, journée de la femme ou pas, les femmes méritent beaucoup mieux que ça. Alors, vous savez ce qui vous reste à faire : dévoilez-vous et montrez leur ce que vous valez vraiment.
Bon week-end à tous et surtout à toutes. Quant aux autres…

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