Mieux vaut en rire : Jade est rentré à l école, Bouchaïb pas encore…

Mieux vaut en rire : Jade est rentré à l école, Bouchaïb pas encore…

Le thème de ma chronique m’a été inspiré, entre autres, par mes vacances auxquelles j’ai eu enfin droit après des mois de doux et pénard labeur. Au moment où je commets ce nième délire si dérisoire, j’ai la tête à l’ombre, les pieds au soleil, l’esprit au frais et les doigts sur… la gâchette. Mais, passons… Comme vous l’avez deviné, je vais vous parler de la rentrée scolaire, laquelle rentrée n’est pas la même pour tous.

D’abord, je dois vous expliquer l’origine de l’inspiration de ce sujet. Me croyant intelligent, comme toujours, j’avais choisi de ne partir en vacances qu’après le retour de toutes les familles forcément obligées de rentrer dare-dare à la fin du mois d’août au plus tard, parce que la rentrée de leurs rejetons était prévue pour le 2 septembre. Mais, là où j’avais presque tout faux, c’est que cette rentrée prématurée ne concernait qu’une infime minorité de privilégiés, ou disons, de futés, dont la descendance est inscrite dans les écoles, collèges et lycées dits de «La Mission».

Tous les autres, c’est-à-dire la majorité des gamins et autres ados, eux ne vont mettre leur sac-à-dos que 10 jours après. Et c’est la raison pour laquelle que quand j’ai atterri tout heureux, ma casquette vissée sur la tête et mes lunettes de soleil pour protéger mes yeux de voyeur chronique, dans cette très belle station balnéaire du Nord dont je tairais le nom pour ne pas faire jaser tous les jaloux et les envieux, la foule était encore là et ne m’applaudissait même pas. En vérité, je savais que les classes sociales ne rentraient pas toutes en classe aux mêmes dates, mais je crois que j’ai toujours refusé de croire que ces dates étaient aussi espacées. D’où peut-être l’immense fossé qui existe entre le beau monde qui s’est déjà mis au travail parce qu’il y a du boulot qui les attend, et le tiers-monde – pardonne-moi, cher reste du peuple, de t’appeler ainsi – à qui on a inculqué l’idée que le bonheur, la santé, la prospérité, tout ça, c’est une question de destin et de fatalité.

Alors, pourquoi se presser ? Maintenant que j’ai plaisanté un peu, laissez-moi vous dire 2 ou 3 mots sérieux. Je vous jure que je n’ai absolument rien contre tous mes concitoyens qui ont les moyens de mettre leurs enfants dans les écoles qui leur chantent et qui les enchantent. Et d’un. De deux, j’ai déjà eu peut-être l’occasion de vous le révéler –j’ai failli écrire «avouer» – je suis moi-même issu de l’enseignement de la Mission Française à laquelle je dois pas mal de grandes vertus dont celui d’être profondément attaché aux principes de liberté et de tolérance, mais aussi quelques vices dont celui de titiller mon prochain et me marrer sur son dos.

Cela dit, quand j’ai eu à décider du sort scolaire de mes enfants, j’avais choisi de les mettre là où j’avais pensé être le plus judicieux. Non, je ne vais pas vous mentir, je ne les avais pas mis à l’école publique, mais plutôt dans un groupe privé, celui qui m’a semblé offrir un mix judicieux entre un programme national avec son background culturel et linguistique arabe et amazigh – chose qui a terriblement manqué dans ma scolarité – et un programme plus international, ouvert sur les autres cultures et les autres langues.

Et je crois que je n’ai pas eu tort. Et c’est pour ça qu’au moment où nous sommes appelés à réfléchir ensemble à un meilleur avenir scolaire pour les enfants de ce magnifique pays, permettez-moi d’outrecuidance de m’interroger puisque c’est une formule qui semble bien fonctionner pour une minorité, pourquoi ne pas en faire profiter la majorité ? Ce n’est peut-être pas la meilleure idée pour avoir une seule et même date pour la rentrée scolaire, mais je suis sûr que ça pourrait contribuer à notre peuple de jouer sur une même partition. Alors qui va donner le «la» ? En attendant, je vais faire un petit plongeon dans l’eau car je crois que j’ai la tête qui chauffe un peu.

Bon week-end à tous et à toutes.

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