Mieux vaut en rire: Je hais le 8 mars !

Mieux vaut en rire: Je hais le 8 mars !

Le hasard qui aime bien nous piéger a voulu que cette présente chronique tombe presque le même jour que la journée dite internationale de la femme. Je suis vraiment très embêté par cette coïncidence pas du tout marrante. D’abord, j’en ai par-dessus la tête d’être obligé chaque année de faire semblant de commémorer un anniversaire que je trouve de plus en plus grabataire.

D’ailleurs, cette soi-disant fête ne date pas d’hier. Selon Wikipédia, notre éclaireur gratuit et fournisseur d’infos pas toujours vérifiées, « La date du 8 mars a été retenue par Lénine  comme «Journée internationale des femmes» en honneur aux femmes qui manifestèrent les premières le 8 mars 1917 à Petrograd, lors du déclenchement de la révolution russe. Cette célébration s’étend alors à l’ensemble des pays de l’ancien bloc de l’Est, chaque femme y recevant, jusqu’à ce jour, des bouquets de fleurs de leurs époux, fils, petit-fils, collègues ou amis hommes ».

Déjà, avec ces précisions, je ne vois pas en quoi nous, les berbéro-arabo-africains de ce coin archaïque du monde, sommes intéressés par un truc pareil. La révolution russe, ce n’est pas notre tasse de vodka, et la plupart des mecs de ce bled n’offrent des fleurs aux femmes qu’une seule fois dans leur vie : le jour où ils enterrent leur vie de célibataires. Et puis, soyons sérieux : qui d’entre nous, les «Hommes», avec un immense H et une toute petite cervelle, ne rigole pas comme un imbécile heureux à chaque fois qu’on lui parle du 8 mars.

J’ai l’impression que ça nous fait le même effet que le rappel de l’anniversaire de nos belles-mères. Si ce n’était pas Lénine, ce grand bonhomme pour lequel j’ai beaucoup d’estime ne serait-ce que parce qu’il a été à l’origine d’une partie de mes rêves fous de mes années dingues, j’aurais pensé que ça a été décidé juste pour qu’on se moque collectivement, internationalement, et officiellement des femmes.

Car, franchement, nous, ici, dans ce pays, qu’a-t-on fait pour que nos femmes, nos filles, nos mères, nos soeurs, nos cousines, nos petites copines, ou juste nos voisines, puissent penser du bien de nous ?

Nous sommes tous toujours en train de les harceler, de leur mentir, d’essayer de les séduire pour qu’elles puissent nous servir ou bien pour les dévorer sans même les cuire, et juste après, de les traiter de tous les noms, de leur mettre sur le dos tous les maux, de les rendre responsables de tous nos ennuis et tous nos soucis, et si tout ça ne nous suffit pas, certains d’entre nous, pas forcément les plus costauds mais souvent les plus lâches, n’hésitent pas à leur donner une bonne raclée, histoire de leur rappeler le pivot central de notre culture macho et rétrograde : « les mecs sont plus puissants que les nanas ».

Ce qui est encore plus terrible, c’est que ces bastonnades se sont tellement banalisées qu’on en parle librement à la télé ou à la radio sans qu’aucun citoyen – ou même citoyenne – ne s’en offusque, ni aucun procureur ou juge ne s’en inquiète et fasse ce pour lequel il est, entre autres, payé : réagir, appliquer la loi et sanctionner ces nuls et ces voyous. Comment voulez-vous que je fête avec vous le 8 mars quand j’ai appris ce matin même qu’une pauvre femme a été obligée d’accoucher dans la rue, dans un froid de canard, parce que l’hôpital de sa petite ville de l’oriental a refusé de la recevoir ? Si avec ça, vous avez encore envie de faire la fête, ça sera sans moi.

Avant de conclure, j’aimerais dire aux femmes de mon pays : ne comptez pas sur nous les hommes pour vous aider à vous libérer, parce que nous n’avons aucun intérêt à le faire.
Bon week-end et bon courage à toutes les femmes. Quant aux autres…

Un dernier mot pour rigoler un peu : ceux qui pouffaient de rire des mauvais classements du Maroc sont très tristes depuis qu’ils ont appris qu’il est en tête des exportateurs  de bonheur… en fumée.

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