Mieux vaut en rire : Je ne compense plus, donc je fuis

Mieux vaut en rire : Je ne  compense plus, donc  je fuis

L’économie, ce n’est pas mon truc et d’ailleurs je n’ai jamais réussi  à mettre de côté la moindre économie. C’est simple : je dépense tout ce que j’ai et même tout ce que je n’ai pas au grand dam de mes banquiers, mais aussi le fisc et de leurs pas très fins limiers. En vérité, ce n’est pas pour parler de moi et de mes dérives dépensières, mais plutôt de ceux et celles qui vont bientôt devoir bien compter leurs sous s’ils ne veulent pas avoir des soucis de fin de mois, voire bien avant, ce qui est le cas de pas mal de monde dans ce bled. Heureusement que notre nouveau cher gouvernement pense à nous, du moins si l’on croit la presse qui s’empresse toujours pour nous annoncer les mauvaises nouvelles, mais aussi, des fois, les bonnes. Vous n’êtes pas sans savoir que notre vieille et si fragile «Caisse de compensation» s’apprête, pardon, s’apprêterait à nous quitter pour être remplacée par, je cite, «un nouveau système d’aide, de soutien et de solidarité plus juste et plus équitable qui profite aux plus concernés, c’est-à-dire, aux pauvres et aux démunis». Entre nous, ce n’est pas à vous que je vais apprendre que le projet de réforme de cette caisse pleine aux as grâce à la générosité de nos bons contribuables qui ne sont pas légion, n’est pas nouveau et ne date pas d’hier, ni même d’avant-hier. Je pourrais même dire sans risque de me gourer – pour une fois – que chaque nouveau gouvernement apporte son lot de nouvelles idées qui sont d’ailleurs souvent toujours les mêmes, sur la nécessité de la faire disparaître et faire éclore à sa place «un nouveau système d’aide, de soutien etc.». Donc, il était tout à fait prévisible et attendu que l’actuel gouvernement, dans sa grande diversité idéologique et politique et dans son immense générosité  théorique et poétique, se penche, lui aussi, sur cette question et nous pond, lui aussi, un nouveau projet. Cependant, la grande différence avec tous ses autres prédécesseurs, c’est que lui a décidé de passer à l’acte. Youpiiiii ! Chers pauvres citoyens et chères citoyennes dans le besoin, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour vous. Je commence par la mauvaise : la Caisse de compensation va, progressivement nous dit-on, passer à la trappe. La bonne nouvelle, c’est que, pour compenser l’absence de la défunte compensation, vous allez commencer à recevoir un mandat mensuel sur votre compte bancaire que, en général, vous n’avez pas encore, mais ça, c’est une autre histoire. Combien ? Oh, ce n’est pas Bysance, mais vous n’allez pas cracher dans la soupe. Comment ils vont reconnaître les pauvres des pas pauvres ? Je ne sais pas moi… peut-être en leur demandant de souffler dans un ballon. Non, je plaisante… Franchement, je ne sais pas comment ils comptent recenser les vrais «dans la mouise», mais je ne crois pas qu’ils vont compter sur nos fameux moqadems ou, comme les appelle un pote, «Les rapporteurs sans frontières», car ils sont bien sympas, mais pas fiables du tout. Tenez ! Je vais raconter une anecdote. Un jour, ma fille a eu un accident. J’ai quitté le bureau en vitesse et j’ai demandé à l’ambulancier de l’emmener directement aux Urgences de l’hôpital. Elle devait faire un scanner, et pour ce faire, il fallait que j’aille retirer de l’argent à un guichet bancaire. Au moment où je m’apprêtais à aller chercher l’argent, j’ai été suivi par la caissière de l’hôpital  qui m’a conseillé, tout bonnement, d’attendre le lendemain et de ramener, tenez-bien, un «certificat d’indigence». Et quand je lui ai appris que je n’avais rien d’indigent – ce qu’elle avait déjà compris au vu de mon costume-cravate signé et de ma grosse bagnole – elle m’a lancé le plus simplement : «ce n’est pas grave, ton moqadem t’arrangera l’affaire».  Et pour me convaincre, elle a aussitôt rajouté : «Hier, quelqu’un comme toi a fait la même chose…». Comme dirait l’autre : nous sommes tous des démunis. Bon courage les compensateurs et  bon week-end les autres.

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