Mieux vaut en rire : Mon patrimoine? Rien à déclarer !

Mieux vaut en rire : Mon patrimoine? Rien à  déclarer !

Est-ce que vous avez remarqué qu’à chaque fois nos politiciens veulent éviter une question trop gênante, ils bottent en touche en sortant le même argument bateau et passe-partout : «ça se passe comme ça aussi dans d’autres pays». Et en général, le pays le plus cité en exemple, c’est, bien entendu, notre mère protectrice et nourricière, notre fidèle et indétrônable amie, la France, sous vos applaudissements nourris. Mais ce que je note souvent, c’est qu’on ne se presse pour comparer notre bled à l’Hexagone que pour les cas de corruption, les atteintes à la liberté d’expression, les malversations, bref, que pour les trucs pas très sympas. Par ce tour de passe-passe, on veut manifestement se dédouaner en tentant de nous convaincre que puisque même « eux », entendez par là « les pays démocratiques », font des bêtises, donc, ce n’est pas si grave que ça. Au fond, je ne suis pas tout-à-fait contre ce raccourci, même s’il est un peu tiré par les cheveux, mais à condition qu’on ne l’utilise pas uniquement quand ça arrange. Tenez ! Je suis sûr que vous suivez comme moi la grande polémique née de l’immense scandale de l’ex-ministre du budget de l’Hexagone, accusé de «blanchiment de fraude fiscale». Sous cette jolie expression colorée, se cache plusieurs délits plus ou moins insidieux, dont, nous expliquent les experts avertis, «l’ouverture d’un compte non déclaré à l’étranger pour y placer de l’argent provenant de fraude fiscale, avant de s’en servir pour acheter, par exemple, des biens immobiliers». Cette révélation a entraîné dans le monde politique français un véritable séisme, accompagné d’un formidable effet boule-de-neige où on s’est mis spontanément à faire des déclarations de patrimoine à la tout va. Je ne sais pas ce que vous pensez de cette forme diarrhéique de transparence aiguë, mais, si vous m’avez bien suivi jusque-là, vous avez sûrement deviné à quoi je veux en venir. Oui, c’est bien ça : pourquoi notre monde politique à nous, qui est toujours prêt à faire des comparatifs hâtifs avec nos amis gaulois, cette fois-ci, bizarrement, fait preuve d’un mutisme plus que douteux. Alors, vicieux comme je suis, j’ai envie aujourd’hui de demander à tous ces gens-là, ce qu’ils pensent, un, du malheureux mais néanmoins blanchisseur, et, surtout, de son éviction, deux, de l’épidémie de transparence contagieuse qui sévit dans le pays des 400 fromages et des milliers de dérapages, et, enfin, trois, si eux, c’est-à-dire nos politiciens sus-cités, seraient prêts à faire de même, autrement dit, nous dire tout ce qu’ils ont, et, surtout, ce qu’ils ont acquis depuis qu’ils sont entrés dans le cercle politique qui ne tourne pas toujours très rond, mais où, semble-t-il, on peut  faire, si l’on veut, beaucoup de ronds. Je sais que vous allez me dire que l’obligation de déclaration du patrimoine existe déjà chez nous, mais, franchement, est-ce que quelqu’un d’entre vous a déjà vu une seule révélation sur la moindre petite minuscule parcelle que possédait, par exemple, un ou une de nos député(e)s, et ce qu’elle est devenue quand il ou elle a bouclé son mandat ? Oui, on nous dit que les qui de droit, eux, savent, et que nous,  simples citoyens, nous n’avons pas à nous soucier. Si, moi, je me soucie, et vous aussi, vous devriez vous soucier et vous auriez bien raison car on nous a déjà fait le coup plus d’une fois. Entre nous, je ne suis pas un défenseur acharné de la transparence totale qui risque de rendre les concernés invisibles, mais j’ai envie au moins de savoir combien ils ont gagné en se payant notre tête. D’ailleurs, en France…
Bon week-end, les transparents et les transparentes. Quant aux autres comparateurs…

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