Mieux vaut en rire : Quand Tanger rime avec déranger…

Mieux vaut en rire : Quand Tanger rime avec déranger…

On m’a invité, comme toujours d’ailleurs, mais, franchement, cette fois-ci, on n’aurait pas dû. Bien sûr, je ne vais pas être ingrat et je me dois de remercier chaleureusement mes sympathiques invitants, mais, qu’ils m’excusent de leur dire ça aussi crûment, mais, cette fois-ci, ce n’était pas un cadeau. Oui, comme d’habitude, on nous assure le gîte et le couvert, mais, comme dirait l’autre, ça, on l’a déjà chez nous. Moi, comme nous tous d’ailleurs, nous venons ici pour le cinéma, le vrai, le beau, l’unique, le cinéma que nous aimons, qui nous fait rire, qui nous fait pleurer, bref, le cinéma qui nous fait vibrer et nous fait rêver. Nous venons chaque année à Tanger, cette ville si belle et si insolente, pour découvrir la cuvée de l’année. En fait, quand je dis «cuvée», loin de moi l’idée de faire dans l’esprit spiritueux, surtout à un moment qui ne s’y prête pas du tout, si vous voyez ce que je veux dire… Bien entendu, je parlais de cuvée cinématographique, et je puis vous assurer que durant  cette édition, il y avait à boire et à manger, c’est vraiment le cas de le dire. On a bu des films jusqu’à la lie et bouffé des navets jusqu’à la nausée. Il y en avait de tous les coups et de toutes les couleuvres. Je sais que ce que je dis là ne va pas plaire à certains de mes futurs anciens potes cinéastes, mais je leur rappelle que ce sont eux qui ont commencé. Ce n’est pas parce que, soi-disant, «on ne leur donne pas tous les moyens», qu’ils doivent nous infliger toutes ces tortures. Je vous assure qu’il y a des fois où j’ai envie d’appeler Amnesty International, mais j’ai juste peur que ça nous fasse encore dégringoler dans les classements que vous savez.  Blague à part, et comme je l’ai dit à quelques copains, si on continue de voir ces trucs, on finira par devenir tous masos. Et les «trucs», il y en avait 23, sans compter les courts. Vraiment, je plains le Jury, et à sa tête l’immense Edgar Morin. D’ailleurs, certaines mauvaises langues n’ont pas hésité à déduire que son retour en France à la moitié du festival, serait dû à une overdose de… navets. D’ailleurs, je ne comprends pas pourquoi, puisqu’on a eu une production aussi «florissante», on ne procède pas à une sélection ? Pourquoi nous obliger à tout voir ? Les bons et les pires. Car je dois dire que, heureusement, ils ne sont pas tous nases. En effet, on a dégusté 3 ou 4 opus très sympas réalisés par des artistes qui le sont autant et qui se reconnaîtront.  Je ne parlerai que d’un, qui m’a bouleversé par sa sincérité et par son audace. Il s’agit du documentaire «Pour une nouvelle Séville», signée par Kathy Wazana, une compatriote qui vit au Canada et qu’on aurait bien aimé garder chez nous. Elle nous décrit et nous crie avec un courage sans pareil, sa haine viscérale pour le sionisme, et son amour éternel pour son pays, le Maroc, elle mais aussi toutes et tous ses semblables, c’est-à-dire, toutes celles et tous ceux qu’on appelle, un peu péjorativement, «Les Juifs d’origine marocaine». Que ce très beau film soit présenté ici et maintenant, qu’il soit vu et apprécié par la majorité des festivaliers, c’est la preuve, encore une, qu’il n’y a pas que des nuls dans ce bas monde, et que tant qu’il y aura du talent et de l’intelligence, il y aura toujours de l’espoir.  Dans l’attente d’une meilleure récolte cinématographique, l’année prochaine, inchallah, comme on doit désormais accompagner tous nos vœux et toutes nos envies, je vous prie d’agréer mes salutations les plus sincères, mais aussi, les plus sélectives. Bon week-end les artistes !

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