Mieux vaut en rire : Qui visa verra

Mieux vaut en rire : Qui visa verra

J’allais aujourd’hui vous parler d’absolument autre chose. Je voulais par exemple savoir si la publication des listes des autres «grimates» qu’on nous promet encore plus grosses que les précédentes vous intéresse toujours autant ; je voulais saluer la généralisation du «Ramed», cette couverture médicale du «pauvre» que j’espère que les méchants démons ne vont pas en profiter pour la tirer à eux pour se faire une santé ; j’avais l’intention aussi d’analyser avec vous la loi de Finances 2012 qui sent de loin l’aberration, mais aussi et surtout l’austérité et le serrage de ceinture ; et enfin j’avais envie, en observateur peu averti, de voir avec vous ce projet trop insolite pour être cru : «L’Observatoire national de l’image de la femme dans les médias». D’ailleurs, ça tombe très bien, mon sujet de remplacement concerne justement une femme, et, mon Dieu, quelle femme ! D’abord, avant de vous révéler de qui il s’agit, je voudrais dire deux mots sur ce projet d’Observatoire. Je sais que certains et certaines d’entre vous savent que j’ai été, dans une autre vie, un affreux fils de pub, et que j’ai sévi, avec mes autres ex-confrères et consœurs et néanmoins pas toujours ami(e)s, en maltraitant l’image de notre femme marocaine de la pire manière qu’on pouvait. Je m’en excuse auprès d’elle le plus platement et le plus sincèrement que je peux. Vous allez me dire que c’est un peu trop facile de venir maintenant faire mon mea-culpa alors que le mal (le mâle ?) est déjà fait, et vous auriez raison. Mais je puis vous assurer – et les quelques rares potes sincères dans ce «milieu» peuvent encore vous l’attester – j’avais tout essayé pour qu’on établisse des règles ou qu’on les copie tout bêtement de nos amis du Nord, pour que la dignité et l‘intégrité de la femme dans notre pays soient préservées. Ah, qu’est-ce qu’on m’a ri au nez ! «Mais, tu te crois à Paris ou quoi?!?», me rappelait-on à chaque fois. «Laisse-nous bosser «librement» tant que c’est encore possible». Résultat des courses : une seule femme ministre dans l’actuel gouvernement et, encore, à mon avis, on n’a pas choisi la meilleure. Si vous ne voyez pas le rapport, moi, j’en vois des tonnes. Tenez, j’y viens, cette autre femme dont je voulais vous parler aujourd’hui n’est autre que la seule secrétaire générale du seul parti politique qui a osé mettre une femme à ses commandes. Vous voyez, on vit vraiment dans un pays unique : une seule femme au gouvernement et une seule femme patronne de parti ! Pas de quoi être fiers, les mecs ! Mais, là n’est pas mon propos. Quoique, quelque part, ceci explique cela. Je vous explique : Nabila Mounib, la charmante militante et dirigeante du PSU, et éminent professeur universitaire par ailleurs, se serait vue refuser le visa pour la France ! Alors, de deux choses l’une : soit que les diplomates français ne sont au courant de rien car ils se fichent pas mal de la politique du Maroc où ils vivent, et plutôt bien, soit qu’ils savaient à qui ils avaient affaire, mais, connaissant le Maroc et la place qui est accordée à la femme, pour eux, Nabila n’est pas «crédible». Comme dirait Monsieur le Consul : «n’est pas Martine qui veut». Maintenant, si ça peut faire plaisir, on peut mettre ça sur le compte très débiteur de Sarko et de ses nouveaux appels du pied aux fans de Marine Le Pen, mais, personnellement je crois plutôt que si nos femmes pouvaient donner de bonnes fessées elles devraient commencer par nous, les affreux mâles de ce pays qui leur faisons tant de mal. Allez-y, mes chères, nous sommes à vous. Maudits soient les sexistes et bon week-end les femmes et… ceux qui les aiment.

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