Mieux vaut en rire : «Tous pourris sauf NOUS !»

Mieux vaut en rire : «Tous pourris sauf  NOUS !»

Il y a un proverbe marocain que j’aime beaucoup et qui dit plus ou moins que «L’aubergine se mange lentement». Je ne sais vraiment pas pourquoi on a choisi l’aubergine et pas la courgette ou le brocoli, par contre ce que je crois savoir, c’est que ça signifie que dans la vie, il faut savoir être patient car tout finit par arriver, mais à condition de savoir attendre.

Tout ce speech pour vous répéter ce que je crois vous avoir déjà dit la semaine dernière ou la semaine d’avant, qu’importe, à savoir que notre champ politique pourtant encore en friche est en train, lentement mais sûrement, de se diriger progressivement vers une culture de débat, ou pour être plus honnête, vers un début de commencement de volonté d’écouter l’autre après l’avoir assommé de ses propres vérités.

Oui, il y a un début à tout. Mais si je suis arrivé à cette conclusion, c’est seulement après la longue cure de visionnage ininterrompu d’émissions de télé, locale et nationale, dois-je le préciser, que je me suis imposé pour en avoir le cœur net. D’ailleurs à ce propos, si je continue comme ça, je vais finir par me transformer en chroniqueur de télé.

Beurk ! C’est vrai qu’il n’y a pas de sot métier, mais, chroniqueur de télé, de NOTRE télé, il ne faut quand même pas exagérer. Toujours est-il qu’aujourd’hui, je puis vous assurer, avec toutefois une large incertitude scientifique, qu’effectivement on commence à piger, y compris chez ceux et celles qui savent tout et qui ont toujours raison, ce que le dialogue veut plus ou moins dire, même quand ils n’ont pas, ce qui est souvent le cas, grand-chose à dire.

Tout cela pour vous dire que mercredi soir, j’ai regardé encore une fois la télé, en direct sur 2M, l’émission qui, apparemment, se bonifie en vieillissant. Comme quoi, il ne faut désespérer de rien. Le thème de ce soir-là était, je crois, est ce qu’un chef de gouvernement, en l’occurrence notre cher Benky – qui, soit dit en passant, est en train de penser à installer des banques islamiques dans notre pays pas encore laïque – a le droit de lancer, sous le manteau ou sous la coupole, des accusations tous azimuts envers ses congénères et ses confrères qu’il cite d’ailleurs anonymement ? Je vous avoue que j’ai été très agréablement surpris par la qualité de échanges entre les différents protagonistes et néanmoins brillants polémistes, et surtout par leur audace politique.

J’ai eu l’impression qu’ils s’étaient tous donné le mot pour laisser leur langue de bois, c’est-à-dire leur outil de travail, dans leurs vestes même s’ils n’en avaient pas tous une, puisque l’un d’entre eux a cru bon de venir en djellaba et en keffieh,  Mawlid et réunion du Comité Al Qods obligent.

Justement, ça tombe bien puisque c’est lui qui m’a le plus intéressé, non pas parce que ce qu’il disait était intéressant, mais parce qu’il résumait ce que son boss répétait à souhait, c’est-à-dire que tous les ministres, députés, conseillers, syndicalistes et élus qui font partie des autres partis, anciens, nouveaux ou disparus, tout ces gens-là sont, selon lui, moches et crades, qu’ils s’en mettent plein les fouilles sur le compte des pauvres contribuables et des naïfs électeurs qui ne votent  même pas pour eux, et, enfin, qu’ils ont plein de comptes clandestins à l’étranger. Et le seul parti qui est vraiment nickel comme un sou qu’il n’a même pas, et qui lave plus blanc que blanc est, bien entendu, son propre parti.

C’est peut-être incroyable mais parfaitement crédible car, nous devons tous le reconnaître, il vient à peine de commencer. Je vous l’ai bien dit : il y a un début à tout.

En attendant que cette grande lessive se termine un jour par un bel épilogue que je vous laisse librement choisir, je vous souhaite à toutes et à tous un beau et pluvieux week-end.

Un dernier mot pour rigoler un peu : je trouve que c’est un peu dommage que les Rajaouis qui ont si marqué nos esprits perdent aussi stupidement du terrain.

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