Mieux vaut en rire : Y a pas de mal à dire du bien…

Mieux vaut en rire : Y a pas de mal à dire du bien…

Je savais que ça n’allait pas laisser mes lectrices et mes lecteurs indifférents, mais je ne croyais pas que leurs réactions seraient nombreuses et si vives.

Après tout, je n’avais quand même pas demandé de doubler les salaires des ministres, ni de leur offrir la dernière Audi 10 (je ne sais même pas si ça existe d’ailleurs), ni de détaxer les cigares Havane, quoique, cette dernière mesure serait, elle, bien judicieuse et pourrait même peut-être faire basculer Cuba vers notre cause. En tout cas, je ne pensais avoir écrit des choses si horribles au point qu’on me traite de «traître à la cause des billettistes satiristes», de «renégat goujat à la solde du nouveau pouvoir néo-réformateur», et même de «retourneur de veste post-printemps arabe». Je vous avoue que cette dernière insulte m’a le plus touché. D’abord, elle est profondément injuste car depuis ma reconversion en scribouillard public au service du privé, je ne porte plus de veste, mais plutôt des blousons pour faire plus intello.

Ensuite, retourner ma veste seulement maintenant, c’est-à-dire au moment où la plupart qui l’ont fait sont en train de tenter de se refaire une nouvelle virginité, serait assimilé non pas à un suicide de classe, mais un suicide tout court. Je suis versatile, parfois même contorsionniste, mais pas trapéziste. Bref, je suis capable, un peu comme tout le monde, de changer d’avis ne serait-ce que pour respecter le fameux et néanmoins stupide proverbe : «Seuls les imbéciles, etc.». Venons-en à l’objet de toute cette invective à l’égard de mon humble et si brouillonne personne.

Si on me reproche tant de changer de camp, c’est tout simplement parce que j’ai écrit ces derniers jours dans mes petits billets 2 ou 3 mots, justement pour rire, dans lesquels je disais grosso-modo que tout ce que fait notre actuel gouvernement, toujours en pleine délimitation de ses prérogatives, n’est pas tout à jeter, et qu’il y a même 1 ou 2 trucs qui sont, si on y regarde bien, plutôt pas mal.

Voilà mon crime ! Vous voyez bien qu’il n’y a pas de quoi casser 3 pattes, ni même une seule, à un canard. D’ailleurs, je soupçonne certains canards, que je ne manque jamais l’occasion de leur tirer dans les pattes, d’être derrière cette cavale.

Et bien, ça tombe bien, car je vais leur dire, là, tout de suite, en public, que je n’ai pas l’intention de renoncer à ma manière génétique et chronique d’écrire les choses, autrement dit, je vais continuer de tourner à la dérision, et parfois à la rigolade, tout ce que je vois et tout ce que j’entends – et même ce que je ne vois pas et que je n’entends pas car, après tout, l’imagination, ça sert bien à ça –, je ne vais pas arrêter de taper sur tous ceux et celles qui me tapent sur les méninges, et je ne vais pas cesser de titiller toutes celles et tous ceux qui passent leur temps à faire perdre le nôtre.

Mais tout cela ne m’empêchera jamais de relever tout acte méritant d’être loué, qu’il soit l’œuvre de mon meilleur ami – car, aussi étonnant que cela puisse vous paraître, j’ai quelques amis dans l’actuelle équipe –  ou par mon pire copain – parce que, voyez-vous, ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec eux, qu’ils sont mes ennemis.

Ceci dit, ce n’est pas parce que j’ai applaudi la baisse répétitive du prix des carburants, que j’ai salué le report de la hausse du prix du pain réussi à l’arraché, que j’ai râlé sur les baratineurs démagos sur la prétendue sacralité de «notre langue officielle nationale», que je ne vais pas rigoler franchement, par exemple, sur tous ces ministres qui menacent à chaque fois de démissionner, souvent pour tout et n’importe quoi, mais qui ne le font, et ne le feront jamais. Et vous savez pourquoi ? Si, si, vous le savez. Parce que, tout bêtement, «entrer au bain, n’est pas comme en sortir»

. La traduction n’est pas terrible, mais je suis sûr que vous m’avez compris. Donc, vous voyez bien que je n’ai pas changé. Et vous n’avez encore rien vu. Très bon week-end.

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