Nos jeunes sont vieux avant même d’avoir été jeunes !

Nos jeunes sont vieux avant même  d’avoir été jeunes !

La plage la plus populaire Ain Diab – car accessible aux transports en commun et «historiquement» destination estivale des «ouled chaab» – est devenue un immense souk où tout se monnaie : plus question d’installer sa serviette et de s’y étendre, chaque grain de sable est devenu payant !

Avec l’été un grand nombre de jeunes va «prendre la route», à pied, en auto-stop, en car… entre amis, en familles, seuls… ils vont être nombreux à partir aux 4 coins du Royaume ou au moins à tenter de profiter des plages et des endroits de loisirs de leur ville pour ceux d’entre eux dont les moyens financiers sont le plus limités…

Chacun(e) selon son budget va aller à la découverte de notre pays ou chercher à oublier son quotidien afin de s’évader…
Pourtant… pourtant… même «en été» l’exclusion n’est jamais loin, pour ne prendre l’exemple que de Casablanca il suffit de voir combien il devient difficile pour sa jeunesse de s’adonner aux loisirs les plus basiques : courir sur la plage, s’étendre au soleil, disputer un match de foot dans son quartier.

La plage la plus populaire Ain Diab – car accessible aux transports en commun et «historiquement» destination estivale des «ouled chaab» – est devenue un immense souk où tout se monnaie : plus question d’installer sa serviette et de s’y étendre, chaque grain de sable est devenu payant !
Que dire des terrains de sport de proximité censés être gratuits mais dont les tarifs sont devenus prohibitifs, pouvant aller de 150 à 500 DH / l’heure et qui durant l’été peuvent même être loués «à la semaine» pour une somme de 20.000 DH, à de jeunes MRE, privant toute la jeunesse d’un quartier d’espaces de loisirs. Malgré les difficultés du quotidien et/ou les craintes de l’avenir, la joie de vivre est l’élément naturel de la jeunesse, mais leur en laisse-t-on le choix ? Les plus «fragiles» tomberont dans le piège de la violence, la spirale de la mort qui va de la drogue à la radicalisation, de la délinquance à l’auto-destruction, de l’hooliganisme aux chimères de l’immigration clandestine…

Pourtant, l’immense majorité veut s’en sortir, se bat pour émerger, s’engage, y croit et s’accroche. Notre jeunesse foisonne de talents, de potentialités, et les exemples de réussite sont légion. Mais elle est isolée, seule, peu connue, voire malnaimée quand ce n’est pas méprisée…
Gagner la confiance de la jeunesse n’est pas chose aisée, légitimement elle est «sur ses gardes», craignant toujours que l’on ne s’intéresse à elle que de façon ponctuelle ou opportuniste, seul le travail au quotidien et sur le long terme peut lever cette défiance. Agir à la place de la jeunesse revient à opérer contre elle. Il faut que notre société se tourne vers sa jeunesse, qu’elle fasse sa connaissance, la comprenne et enfin facilite son insertion. Nos jeunes ont besoin de valeurs entend-on sans cesse, c’est ô combien juste, mais ce n’est pas en leur imposant de plus en plus d’interdits sans leur proposer ni leur ouvrir la moindre voie que nous leur donnerons le désir de s’en forger ! Nos jeunes dans la société que nous leur léguons sont vieux avant même d’avoir été jeunes !

Dire cela n’est pas les inciter à la débauche, dire cela c’est au contraire leur donner l’envie de vivre, seul antidote à la violence. Nos valeurs culturelles, cultuelles forment un socle solide. Elles n’ont nul besoin de faux tabous. Préparons des générations de femmes et d’hommes bien dans leur tête, bien dans leur peau, bien dans leurs baskets qui auront appris à vivre ensemble en complémentarité et non en confrontation. Ce n’est pas de tuteurs dont nos jeunes ont besoin mais de responsables, d’élus qui rempliront leur rôle avec conscience et honnêteté.
Comment demander à une jeunesse d’être citoyenne si nous, adultes, ne sommes pas exemplaires ?

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *