Nos jeunes trop jeunes ??? Un comble !

Nos jeunes trop jeunes ??? Un comble !

Tout comme on a parlé de «Nayda» en ce qui concerne le domaine musical marocain, de «nouvelle vague» artistique dans le cinéma avec des films tels que «Marock», «Casanegra»… dans le théâtre avec le «Dabathéatr» ou les «S’toon Zoo», mais aussi les arts de la rue… il faut s’ intéresser au mouvement associatif de proximité, celui initié par les jeunes souvent, qui émerge dans les quartiers, qui naït dans les écoles, les facs, celui qui cible la population au plus proche de ses préoccupations… ce mouvement où les associations ne prétendent pas au statut d’ONG, n’ont pas l’utilité publique et ne sont pas éligibles aux grands fonds internationaux… bref, ce «mouvement des engagés» qui voit le jour grâce à la seule volonté de militants, de jeunes, à leur seul désir d’être utiles à une population ciblée à un quartier !
Il n’est pas question de décrédibiliser les unes pour conforter les autres mais si les ONG ont un rôle connu et reconnu, si la société civile sait où trouver les fonds nécessaires à ses activités, si ses «figures» savent médiatiser leurs actions, il en va tout autrement des «petites associations» qui n’ont pas les bons numéros de téléphone, qui n’ont pas les bonnes adresses et dont la presse parle peu : ces associations dont l’importance est capitale, qui canalisent les forces de notre jeunesse, qui mobilisent – chacune de leurs actions compte des centaines de participants–, qui donnent une vie démocratique aux écoles, aux derbs, aux villes, apportent fierté aux habitants qui voient leurs enfants devenir des «leaders» locaux et en même temps deviennent des pépinières de talents, de militants, des lieux «d’apprentissage» ! Force est de constater que tout le monde leur tourne le dos. Alors qu’il est urgent de dynamiser ces forces vives on les dynamite…
Je voudrais vous citer en exemple ces jeunes que je rencontre pratiquement au quotidien et qui depuis un an s’échinent à préparer un événement d’envergure, qui de plus ne se déroulera ni à Casablanca ni à Rabat mais à Settat et peut ainsi donner des ailes aux jeunes de villes semblables.
A  21 jours de leurs activités (course contre le sida, concert, ateliers, Assises…) les jeunes de Sidays sont au désespoir, seuls les artistes se bougent pour leurs clips d’appel ( l’enjeu est important puisqu’il s’agit ni plus ni moins que de sensibiliser les jeunes aux dangers du VIH) mais sur un budget très modeste – de l’ordre de 150.000 DH – ils n’ont réussi à trouver que 15% de la somme… ce n’est pas faute d’avoir démarché, ils frappent à toutes les portes, mais les entreprises, les banques, les sponsors éventuels ne les prennent pas au sérieux, ne les reçoivent pas ou bien –c’est un comble – les trouvent trop jeunes !!!!  Et ceci n’est qu’un exemple révélateur d’attitudes courantes ! Mais que sommes-nous en train de faire ? Nous ne cessons de dire à nos jeunes «engagez-vous», nous ne cessons de dire à la jeunesse qu’elle doit se prendre en main, nous ne cessons de fustiger l’inertie et lorsque nos jeunes bougent –positivement- ceux censés les soutenir leur répliquent qu’ils sont trop jeunes et ne leur renvoient que silence, voire mépris !

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