Nouveau modèle de développement : Redéfinir le contrat social

Nouveau modèle de développement : Redéfinir le contrat social

Des femmes et des hommes politiques de qualité existent, des militants associatifs sont au travail, une partie de la société civile est sincèrement impliquée et notre jeunesse, nos concitoyens dans leur plus grand nombre, ne demandent qu’à retrousser leurs manches : parions donc sur l’avenir, bâtissons-le…

A peine nommée que déjà la Commission présidée par Chakib Benmoussa est la cible des critiques… Et si pour une fois nous faisions confiance à ces hommes et ces femmes, si les expériences plurielles ainsi mises en commun étaient capables de produire l’électrochoc nécessaire ?

Entre ceux qui auraient voulu en être, ceux qui détestent untel ou unetelle et ceux qui jouent perdants d’avance, nous ne sommes pas près de sortir de la morosité ambiante. Il y a pourtant une solution : faire confiance à ces compatriotes bénévoles et surtout contribuer  à leur réflexion, à leurs travaux. Il n’est pas indispensable d’être à l’intérieur de la Commission pour apporter sa pierre à l’édifice, chaque contribution constructive est la bienvenue, c’est l’avenir de notre pays qui est en question et nous en sommes donc tous co-responsables.

Personnellement j’ai toujours pensé que ce nouveau modèle de développement avait besoin de toutes les compétences, aidons à sa conceptualisation et son application sur le terrain.

Je m’efforce depuis bien longtemps de faire vivre cette indispensable redéfinition d’un contrat social (car c’est bien de cela qu’il s’agit) sur le terrain précisément et c’est là que je me considère utile, ayons donc cette attitude : là où nous sommes, mettons notre expérience, notre savoir-faire au service de la Commission car ainsi nous la mettons au service de notre pays.

L’heure est bien plus à la mobilisation qu’à la guerre des égos ou au pessimisme mortifère.

Que chacun selon ses compétences se mette au service du bien commun, c’est la seule façon d’en sortir : hormis quelques-uns dont l’amour de notre pays se tient dans un mouchoir de poche et qui sont prêts -car ils en ont les moyens- à le quitter, l’immense majorité d’entre nous a son avenir ici, or il sera ce que nous en ferons, nous ne pouvons sans cesse nous défausser sur l’Etat, sur autrui, sur la conjoncture, nous sommes tous co-responsables de l’échec du modèle actuel même s’il est vrai que les premiers responsables en sont ceux qui sont aux manettes «depuis des siècles» et ont creusé le fossé.

Des femmes et des hommes politiques de qualité existent, des militants associatifs sont au travail, une partie de la société civile est sincèrement impliquée et notre jeunesse, nos concitoyens dans leur plus grand nombre, ne demandent qu’à retrousser leurs manches : parions donc sur l’avenir, bâtissons-le… si nous mettions autant d’énergie à construire que nous en mettons à dénigrer nous gérions des pas de géants.

Je voudrais vous en donner un bel exemple ici, celui d’un jeune de 20 ans, engagé -il préside l’association «les 109» – et s’appelle Ali Nikes. Il fait preuve d’une belle énergie, s’implique, participe, prend la parole et écrit – ce qui, avouons-le, est hélas bien rare, la lecture et l’écriture étant devenues nos parents pauvres.

Bref il est de l’étoffe des leaders, je vois en lui cette relève dont nous avons besoin, je vous livre ce texte qu’il a rédigé suite à sa participation à la table ronde «Réinventer l’esprit de Toumililine» organisée à Essaouira par la Fondation «Mémoires pour l’Avenir».

Lisez son texte appréciez-en la teneur et le style… superbes !

«Essaouira, la «cité des alizés», ville où baignent le brassage culturel et la cohabitation de confessions (Arabes, berbères, musulmans, juifs, Africains (gnaoua), Européens…), accueillit le 14 décembre en son sein la deuxième table ronde du projet : «Réinventons Toumliline : Consolider des espaces de débat et de dialogue». Le monastère de Toumliline, «pierres blanches» en berbère, fut un monastère de chrétiens bénédictins situé au cœur du Moyen Atlas près de la ville d’Azrou, en terre d’Islam. Les moines ayant fondé ce lieu hors du temps ont pris pour mission de demeurer au chevet des démunis de la région, particulièrement en prenant sous leur tutelle de jeunes orphelins des environs, mettant à leur disposition un internat et un dispensaire, et les faisant bénéficier d’une éducation de qualité.

Au lendemain de l’affranchissement du Maroc du joug colonial, ce monastère devint un véritable agora qui vit se réunir, lors de rencontres internationales de très haute tenue, des centaines d’étudiants de toutes confessions et tous horizons, qui assistaient à des cours professés par des intellectuels venus également des quatre coins du globe. Entre ces murs, on parlait culture, valeurs, féminisme, éducation, tout en apprenant l’écoute et le partage, au-delà des différences et affrontements. Toumliline, un havre de paix interconfessionnelle et un ferment de fraternité dont l’esprit fait à ce jour parler de ses bribes par des initiatives telles que le projet de la FMA.

Rien ne semblait prédisposer ce modeste monastère à jouer un rôle éminent au plan national et international, ni à s’inscrire dans l’histoire même du Maroc moderne, lorsqu’il était au début pointé du doigt, accusé de prosélytisme religieux.

Calomnies très vite démenties par un sincère engagement, qui a fait de l’«épisode» Toumliline une expérience humaine et spirituelle traversant les âges, et un modèle valable pour les années à venir. Plus important encore que les débats et échanges qui s’y sont déroulés, l’existence même de cet endroit fut et demeure l’ébauche d’une réalité désirée par tous: un monde où les religions ne seraient plus motif de clivage et de division conflictuels, mais une ode à la tolérance et l’amour comme elles le revendiquent tant, et permettent, contrairement à ce que pensent les plus sceptiques qui ne jurent que par la science, de mettre la raison au service du dogme et ouvrir la porte au dialogue.» Ali Nikes, président de l’association Les 109.

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