Périscope : Cabinet d’urgence

Périscope : Cabinet d’urgence

Le Premier ministre palestinien désigné Ahmed Qoreï présentera incessamment son gouvernement devant le Parlement. Le Président palestinien, qu’Israël essaie de mettre sur la touche, devrait y disposer d’une influence importante. Certains vont jusqu’à qualifier le gouvernement en gestation de cabinet Arafat dirigé par Qoreï. Avant même son annonce officielle, des observateurs notent que l’équipe d’Ahmed Qoreï ne sera en fin de compte qu’un rassemblement d’hommes fidèles au Président. Ainsi, Yasser Arafat, malgré la campagne de marginalisation menée depuis deux ans par Ariel Sharon, rebondit de plus belle à la faveur de la bourde du gouvernement israélien annonçant son assassinat ou son bannissement des territoires palestiniens. Aujourd’hui, il est plus incontournable que jamais épaulé par un gouvernement composé de ministres totalement acquis à ses thèses. Une équipe confectionnée sur mesure, par un fidèle parmi les fidèles. Le vieux raïs prend sa revanche grâce à un soutien populaire sans faille. Même la Maison Blanche semble s’y résigner. Elle se refusait jusqu’à hier à commenter la composition du nouveau gouvernement comme si elle cherchait à s’éviter un autre piège ou peut-être même parce qu’elle revient vers de meilleurs sentiments à l’égard de celui qu’elle déclarait hors-jeu avant de lui demander d’intervenir pour dénouer la crise née de la chute du gouvernement de Mahmoud Abbas. Si Mahmoud Abbas a choisi de claquer la porte parce qu’il a considéré que Yasser Arafat lui mettait les bâtons dans les roues et en raison de la poursuite des assassinats et des agressions israéliennes, Ahmed Qoreï risque, lui-aussi de rendre le tablier à cause de l’obstruction entretenue systématiquement par Ariel Sharon. Le Premier ministre israélien ne semble d’ailleurs guère se soucier de la composition du gouvernement Qoreï. Pour lui et pour la droite israélienne, seule l’armée israélienne est capable d’éradiquer la résistance. Même l’opposition de l’Administration Bush ne dissuade pas Ariel Sharon qui continue d’édifier le mur de l’apartheid. En décidant de s’auto-sécuriser, mur et traques compris, Sharon ne cherche pas uniquement à convaincre Washington du manque de sérieux de tel ou tel gouvernement palestinien, mais de l’insolvabilité de toute l’Autorité palestinienne qu’il voudrait détruire avec Arafat.

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