Périscope : Désaveu

Le Premier ministre israélien et son homologue palestinien ont réaffirmé leur volonté de parvenir à la paix. L’ambiance qui prévaut aujourd’hui au Proche-Orient a poussé l’Administration américaine à s’approcher de l’Autorité palestinienne à qui elle promet aide et assistance. Pour donner un prolongement à l’optimisme ambiant et marginaliser «ceux qui veulent faire voler en éclats le processus de paix», les Etats-Unis mettent la main à la poche. Ils viennent d’annoncer une aide d’un milliard de dollar à Mahmoud Abbas. Ils renforcent également leur équipe d’inspecteurs sur place : deux généraux américains sont attendus sous peu dans la région pour superviser le début d’application de la «feuille de route». En plus, la C.I.A. a reçu l’ordre de l’Administration Bush d’aider Mahmoud Abbas à améliorer ses services de renseignements et de sécurité. Le Premier ministre palestinien est bien parti pour s’accaparer des leviers de commande de l’Autorité palestinienne, ce qui ne peut se faire qu’au détriment des prérogatives trustées auparavant par le Président Yasser Arafat. Il est désormais le seul interlocuteur valable pour Washington. L’Union européenne vient de lui emboîter le pas. Rome vient de l’annoncer lors d’un point de presse présentant les priorités de la présidence italienne de l’U.E. Le ministre italien des Affaires étrangères, Franco Frattini, a déclaré : qu’«aujourd’hui, l’interlocuteur politique palestinien pour résoudre les questions qui sont sur le tapis au Proche-Orient est le Premier ministre Mahmoud Abbas. L’intérêt de la présidence européenne est d’aller vers la confirmation de la légitimité de Mahmoud Abbas». L’Europe qui s’engage, en outre, au renforcement de la police palestinienne, veut agir pour briser le terrorisme et oeuvrer pour le maintien d’une trêve durable dans le temps. En général, l’ambiance qui prévaut aujourd’hui, malgré la fragilité du cessez-le-feu, jette une note d’espoir même si la route de la paix est encore très longue. Du reste, une constatation s’impose : après avoir relégué au second rang le conflit israélo-palestinien, l’Administration Bush s’applique aujourd’hui à s’y investir totalement. C’est une grande première. Depuis trois ans, il n’y a pas eu autant de rencontres entre Américains et Palestiniens, avec un enjeu aussi important, la naissance d’un Etat palestinien, même si la «feuille de route» exige encore d’interminables négociations et laisse présumer plus d’une embûche.

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