Périscope : NOUVEL ÉCHIQUIER SÉCURITAIRE

Le président des Etats-Unis poursuit une tournée africaine dans un contexte dominé par les crises politiques qui secouent le continent noir dont les démons passent en priorité par la politique, les coups d’Etat, des dictateurs, les enfants soldats et les luttes sanglantes tribales et ethniques. Après avoir estimé que l’Afrique se trouve en dehors de la sphère des intérêts de sécurité de Washington, George W. Bush s’efforce désormais de montrer qu’il accorde un intérêt nouveau pour ce continent en replaçant politiquement les Etats-Unis dans une sphère traditionnellement chasse gardée de la France. Il y a trois ans, l’Administration américaine a lancé l’AGOA ( African Growth an Opportunity Act), une initiative qui a fait augmenter les échanges commerciaux bilatéraux. Face à cette réussite, le président américain n’aura pas à se dépenser sur ce volet économique. Tous ses efforts devraient se placer sur le front politique, en raison de son impopularité à cause de sa politique étrangère, guère appréciée depuis la conquête de l’Irak. L’Administration Bush ne se limite pas à ces seuls aspects économique et politique. Elle ambitionne d’étendre sa présence militaire en Afrique. Tous en consolidant ses liens avec des alliés traditionnels comme le Maroc, le Pentagone négocie l’installation de bases militaires au Mali et en Algérie. L’armée américaine a également l’intention d’obtenir des facilités d’approvisionnement de ses avions militaires au Sénégal et en Ouganda, notamment. Le «Times», qui rapporte ces informations, précise que cela entre dans le cadre de la lutte contre le terrorisme : «en menant la guerre contre le terrorisme, nous allons devoir aller là où sont les terroristes. Et, nous avons des preuves, au moins préliminaires, que de plus en plus de ces zones non contrôlées et non gouvernées vont être des refuges potentiels pour ce type d’activité», affirme le général James Jones, chef du Commandement européen. Une chose est donc certaine, le périple de George W. Bush en Afrique représente un enjeu stratégique pour Washington déterminé à rattraper le temps perdu dans un continent qui, subitement, reprend de l’intérêt à ses yeux à la lumière de nouvelles priorités stratégiques. À savoir, outre la lutte contre le terrorisme, la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et la gestion des crises.

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