Périscope : Un homme traqué

Périscope : Un homme traqué

Saddam Hussein, dont la tête est mise à prix par les Américains, court toujours et envoie même des enregistrements sonores aux chaînes TV arabes. Cet ancien dictateur est un homme traqué. Il est désormais privé des seuls hommes en qui il avait confiance, ses deux fils Oudaï et Qoussaï. Saddam Hussein va désormais avoir peur de son ombre, car les seules personnes à qui il se fiait ont disparu. En outre, le président déchu se retrouve sans ressources. Qoussaï était sa banque et gérait son capital. Il s’était fait remettre, sur ordre de son père, un milliard de dollars par la banque centrale irakienne juste au moment du déclenchement de l’invasion anglo-britannique. Oudaï et Qoussaï étaient aussi les bailleurs de fonds des attaques armées contre les troupes de la coalition. C’est eux qui étaient en contact avec les différents commandos. La marge de manoeuvre de Saddam Hussein est aujourd’hui réduite. Même si ses partisans intensifient leur guérilla, au cours des prochaines semaines, pour venger la mort de Oudaï et de Qoussaï, à court terme, la résistance risque de connaître de sérieux revers. Déjà, d’anciens miliciens commencent à vendre leurs services à l’armée américaine. Il faut savoir que l’armée irakienne de Saddam Hussein ne s’est pas dissoute après l’occupation. Elle continue à opérer en qualité de bras armé clandestin au service des Etats-Unis. Pour Washington, ces milices, autrefois régulières, sont de loin plus fiables et disciplinées que les têtes brûlées entraînées en Hongrie et arrivées en Irak dans les valises de l’opposition, qui se font appeler « freedom fighters » (combattants de la liberté). L’Administration américaine se trompe, toutefois, si elle croit que la mort de Oudaï et Qoussaï ou de Saddam Hussein lui-même mettra fin à la résistance armée contre l’occupation. Les motifs de la révolte ne manquent pas : il n’y a pas de retrait en vue des occupants, les conditions de vie sont encore pire qu’avant et les Irakiens sont quotidiennement provoqués par le comportement des soldats américains qui ne font aucun cas de leurs us et coutumes. Ce que la population juge inacceptable au plus haut degré. C’est pourquoi la résistance est menée de manière spontanée, sans lien idéologique ou affinité affective avec Saddam Hussein. Il ne faut logiquement pas s’attendre à ce qu’elle disparaisse de sitôt.

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