Phénomène de société

Phénomène de société

Je ne sais si vous l’avez remarqué mais petit à petit une nouvelle «culture» s’installe chez nous, nous abandonnons peu à peu la raillerie et le dénigrement systématique de nos artistes pour nous mettre à les aimer.

Bien sûr les générations précédentes ont eu leurs «stars» mais il n’y avait pas cette sorte d’identification, de transfert qui est en train de naître chez les jeunes.

J’ai eu l’occasion de participer à des rencontres entre le public jeune et leurs artistes de prédilection, que ce soit lors de festivals, d’émissions radios ou télés ou d’activités culturelles.

J’ai vu à quel point nos jeunes qui ont besoin de rêve, de plaisir, d’espoir, de perspectives, se retrouvent en ces jeunes «héros» qui leur ressemblent.

Dans toute société le jeune à la recherche «d’idoles» se tourne tout naturellement vers le sport, la chanson ou le cinéma, et à l’heure actuelle chez nous émergent des figures qui font vibrer les jeunes : je pense immédiatement à Ahmed Soultan qui est en passe d’incarner «l’idole des jeunes» et qui par son talent, sa spontanéité, son physique est certainement celui qui draine le plus de fans.

La seule annonce de sa présence à une manifestation déplace les foules, lui-même d’ailleurs s’implique pour des causes humanitaires, des associations… il a ainsi accepté de soutenir le combat des jeunes de Sidays en venant les soutenir le 1er décembre au Morocco Mall, où ils organisent un flash mob à l’occasion de la Journée mondiale contre le sida. Mustapha Slameur, quant à lui, de par ses textes, sa voix, les thèmes qu’il traite est en passe d’être le «Grand Corps Malade» Marocain, j’ai assisté à sa première prestation publique lors de la seconde édition de «Escale à la Sqala» – nouveau rendez-vous culturel mensuel des associations Marocains Pluriels, Sqala et Droit de Cité – et en 3 slams il a conquis le public de plus de 300 jeunes…

C’est aussi Si Simo, jeune rappeur dont les chansons collent à la peau et à la vie de la jeunesse marocaine, ou encore Oum, diva de la nouvelle scène qui incarne si bien le métissage des sons, des rythmes, des origines…

Une réflexion de Valérie Morales Attias, femme de communication s’il en est, m’a paru fort bien résumer ce phénomène de société auquel nous assistons : la naissance d’une sorte de «star system» dans le bon sens du terme où des jeunes deviennent artistes et franchissent ce statut pour accéder à celui de star, d’où la naissance du phénomène de «fans» qui les aiment, les suivent, les approchent et y trouvent source de plaisir…

Alors bien sûr se trouvent des esprits chagrins pour déjà s’insurger, il faut au contraire se réjouir de voir des jeunes, issus du peuple, accéder à ce statut d’artistes «adulés» et voir notre jeunesse s’y identifier… ce sont autant de «modèles» positifs, de repères identitaires, d’exemples motivants qui émergent.

Dans le cinéma aussi apparaissent de jeunes acteurs charismatiques susceptibles d’avoir cette fonction, tels Nour Eddine Lakhmari, Latefa Ahrrare, Younes Bouab…

De grâce, ne cassons pas ces jeunes «héros» car nous priverions notre jeunesse d’images identitaires valorisantes et motivantes.

Vive nos «idoles des jeunes» !

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