octobre 23, 2017

Point de vue : 15-24 ans…

Point de vue : 15-24 ans…

L’AMMC (Association marocaine de marketing et de communication) présentait mardi dernier les résultats de son enquête sur les jeunes marocains de 15 à 24 ans.

Il faut déjà saluer cette initiative car connaître notre Jeunesse devrait être un préalable à toute politique à mener en leur direction. Hélas! nous le constatons chaque jour nous ne connaissons pas notre jeunesse et donc bien évidemment nous ne la comprenons pas.

Je souhaiterais dire en préambule que cette enquête est riche d’enseignements et que tous nos partis politiques, tous nos élus, tous nos décideurs devraient en prendre connaissance et s’inspirer de ce modèle pour réaliser d’autres études sur la jeunesse marocaine, par exemple la jeunesse rurale, la jeunesse issue de milieux défavorisés, les jeunes de 24 à 35 ans… bref se donner les moyens de savoir de qui l’on parle et surtout à qui doivent s’adresser les indispensables mesures à prendre. J’étais très curieux de savoir si les attentes et les besoins de cette partie de la jeunesse allaient correspondre à ce que je rencontre sur le terrain et la connaissance que j’ai pu en tirer. Je dois avouer qu’hormis les inévitables nuances c’est l’ensemble de notre jeunesse qui est en quête des mêmes espoirs, des mêmes besoins, des mêmes doutes… Le premier enseignement pour moi est cet immense besoin de nos jeunes d’être compris qui va de pair avec la soif de reconnaissance mais dans le même temps surgit leur incommensurable solitude, à tel point que tous leurs modèles sont étrangers !!!!

Où sont donc nos leaders, nos artistes, nos sportifs, nos exemples valorisants… Personne, rien !

Or ils sont à la recherche de ces influences capables de leur insuffler espoir, énergie, foi…c’est donc vers la famille et vers les amis que nos jeunes vont les puiser. Khalid Baddou le résumé très bien : «Nous avons affaire aujourd’hui à un grand challenge, celui de la création de success stories marocaines qui pourraient être des modèles à suivre pour les jeunes». Pire, nos jeunes trouvent que nous ne favorisons pas leur épanouissement, ils sont 64% à penser que les jugements et le poids des conventions sociales les paralysent. Conclusion logique : ils sont 66% à vouloir quitter le pays !!!

Ce pourcentage est énorme et je peux prétendre qu’il est encore bien plus fort chez les jeunes de condition défavorisée. Pourtant 3/4 de ces jeunes sont fiers d’être marocains et 9 sur 10 se déclarent prêts à contribuer au développement du Maroc, notamment en changeant les mentalités – les leurs en premier lieu- certains y voient une schizophrénie «très marocaine». J’y vois personnellement le désir d’être légitimement fiers de leur pays, un peu comme si aujourd’hui ils étaient «honteusement» fiers ou en tout cas fiers sans en avoir réellement les moyens. J’y vois plutôt qu’une raison de s’inquiéter, une raison de se servir de ce sentiment comme d’un levier. La question de leur avenir est dépendante de ce que la société, les décideurs, les «responsables» feront pour que notre jeunesse trouve sa place – toute sa place – dans le projet de société que nous devons construire ensemble. La jeunesse a le pouvoir d’appuyer sur l’accélérateur pour contribuer au développement et au progrès du pays si elle est concernée, impliquée, intégrée, elle sera, a contrario, l’épine dans le pied de toute avancée si elle est marginalisée, méprisée, reléguée à un rôle de figurante. Les adultes responsables qui jouent l’interface et se positionnent en interlocuteurs sont ultra minoritaires, alors qu’ils devraient constituer l’immense majorité. Est-ce pour autant que «tout est foutu», Dieu merci non, car c’est la jeunesse elle même qui a relevé le défi se son auto-éducation, c’est d’elle qu’émergent les «garde-fous», c’est elle qui tente de créer les conditions de sa propre réussite. Mais comment une Nation peut-elle parier sur son avenir si elle ne met pas la main à la pâte, si elle ne crée pas l’environnement favorable, si elle ne donne pas les moyens financiers et humains indispensables à la réussite de sa jeunesse. Ce sont tous ceux qui détiennent un «levier» qui doivent se mobiliser (les penseurs, les leaders d’opinion, les détenteurs de capitaux, les patrons, et bien sûr les politiques). Prenons garde, en nous mettant «aux abonnés absents» face à nos jeunes, ils ne nous le pardonneront pas et sauront nous dire «où étiez-vous ?» lorsqu’à notre tour nous nous tournerons vers eux pour chercher la relève.

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