Point de vue : Au fait, s’engager c’est quoi ?

Point de vue : Au fait, s’engager c’est quoi ?

Être militant c’est d’abord croire en quelque chose, croire en une (des) cause(s) pour laquelle on est prêt à tout donner. S’engager c’est cela : croire, agir, se dépasser pour une idée, un principe, une communauté, un «idéal» qui dès lors guide votre vie.

S’engager c’est servir une cause et non pas s’en servir !

Militer signifie bien sûr que l’on donne – de son énergie, de son temps, de ses forces, de son affect, de soi-même- mais, avouons-le c’est aussi recevoir car c’est également une manière de s’accomplir. Beaucoup aujourd’hui croient que militer se limite à un post, à un like, à un commentaire publiés sur les réseaux sociaux, or sans rien enlever à la puissance et à la nécessité de se mobiliser via le Web, rien ne remplacera jamais le terrain – où les «donneurs de leçons», ceux qui savent mieux que tout le monde ce qu’il faut faire et comment le faire – ne descendent d’ailleurs jamais… Le terrain c’est là que l’on se frotte à la réalité, que l’on met les mains dans le cambouis, que l’on partage, que l’on se mesure aux difficultés, aux obstacles, aux contraintes, à l’inertie ambiante.

C’est là qu’un militant gagne ses galons.

Actions sociales, culturelles éducatives, sportives, humanitaires… sont toutes initiées par des militants qui à leur suite en entraînent d’autres qui s’engagent, il ne faut bien évidemment pas négliger l’engagement qui se manifeste pour les «grandes causes» (même s’il n’y a pas de cause plus petite que d’autres) : droits de l’Homme, lutte contre le sida, parité, lutte contre les violences faites aux femmes, contre le racisme…

Et là colloques, pétitions, débats, rassemblements en sont les espaces d’expression par excellence. Alors, au fait s’engager c’est quoi ? Et bien c’est tout cela et plus encore, s’engager c’est accepter nombre de sacrifices – qui ne sont d’ailleurs pas perçus comme tels par les vrais militants – c’est aussi se confronter à la jalousie, à la haine, à la rumeur, au dénigrement, à la diffamation (tant sont nombreux ceux qui n’arrivent pas à comprendre que l’on puisse s’engager sans arrière-pensées, sans rechercher d’intérêts personnels), s’engager c’est aussi ne pas attendre de reconnaissance en contrepartie car c’est bien souvent plutôt l’ingratitude qui est au rendez-vous. Alors si l’engagement est aussi difficile, si la rançon en est si rude, pourquoi donc s’engager ? Pourquoi inciter les plus jeunes à s’engager ?

Tout simplement parce que la société en a besoin : les engagés sont en quelque sorte les moteurs d’une population. Ils en sont les défricheurs, les garants et «garde-fous», ils ont ce rôle irremplaçable d’être ceux qui à la fois protègent et font progresser.

Ce que l’on appelle le mouvement associatif, ce que l’on appelle la société civile a aujourd’hui – en ces temps où la classe politique a perdu son crédit et la confiance du peuple – la fonction de faire avancer la société, lourde charge et lourde responsabilité…

D’ailleurs ne nous y trompons pas, le nombre de personnes qui s’engagent n’est pas si important que cela, hélas, et sans doute le dénigrement gratuit qui vise tout militant y est il pour beaucoup, qui décourage et effraie beaucoup de bonnes volontés.

Peut être certains voudront ils voir dans mes propos un éloge disproportionné, ils ont tort, il s’agit pour moi de rendre un hommage mérité à ceux qui s’engagent, j’en côtoie beaucoup et m’efforce de susciter cette envie chez nos jeunes, et sincèrement je suis admiratif de celles et ceux qui consacrent une si grande partie de leur vie aux autres.

La réponse à «au fait, s’engager c’est quoi ?» est contenue (en partie) là : s’engager c’est «aimer l’Autre» !

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