Point de vue : Fraternia’thé

Point de vue : Fraternia’thé

En ces temps inquiétants où les propagateurs de haine semblent avoir le vent en poupe, le meilleur antidote n’est-il pas la rencontre, le partage ?

Il est urgent de nous retrouver, de montrer que «c’est possible», que les tenants du rejet de l’Autre ne sont pas les seuls à être capables de s’exprimer et qu’il leur faut compter avec nous les partisans de la fraternité et les artisans de la lutte contre la haine. Que nous sommes là et que nous sommes la solution !

L’islamophobie, l’antisémitisme, le racisme s’alimentent l’un l’autre et  attisent haine et violence, c’est dans ce contexte que Marocains musulmans et juifs-acteurs de la société civile, acteurs culturels, artistes…ont eu l’idée d’organiser un «Thé de l’Amitié» dimanche dernier au SOC (Stade olympique casablancais Simon Pinto) à Casablanca.

Ils ont ainsi voulu – hommes et femmes des 2 religions – attachés à notre spécificité et nos valeurs, donner une image -et un signal- du vivre-ensemble marocain, bien au-delà de nos frontières :

A cette occasion ils ont écrit et signé tous ensemble un texte  «Les sons de la fraternité» dont je vous donne la teneur dans son intégralité :

«Une théière qui tinte contre un verre, le thé qui glougloute en faisant de la mousse… ces sons du quotidien nous sont communs à nous Marocains musulmans et juifs.

Ces sons ne sont pas anecdotiques, ils sont millénaires, ils sont d’aujourd’hui et nous voulons qu’ils soient de demain, ils sont l’une des illustrations de tout ce qui nous unit depuis toujours. C’est pourquoi nous avons choisi de les faire résonner en ce dimanche après-midi en nous réunissant autour du Thé de l’Amitié, nous acteurs de la société civile, acteurs culturels, artistes… musulmans et juifs…

Au quotidien nos compatriotes se prêtent à ce «rituel»sans que cela ne soit un «événement», or nous -aujourd’hui- avons choisi de donner à ce Thé de l’Amitié valeur de symbole ! Ailleurs on profane des tombes, ailleurs on stigmatise des femmes et des hommes parce que juifs, parce que musulmans, parce que chrétiens… le rejet de l’Autre se fait menaçant…

Nous voulions -nous devions- faire entendre d’autres voix, donner à voir d’autres images, faire résonner d’autres sons… ceux de la fraternité, ceux de l’amitié… en tant que Marocains n’est-ce pas notre devoir ?

Nous qui sommes les héritiers d’une si noble tradition de vivre-ensemble, un patrimoine que nous devons faire vivre, faire fructifier. Que le tintement de nos verres, que les saveurs de thé, de menthe que nous partageons, que nos voix qui se mêlent aujourd’hui, irradient le Maroc -notre pays aimé, tout entier- qu’ils franchissent les frontières pour aller dire aux hommes que nous sommes vingt, que nous sommes mille, que nous sommes des millions… et que nous ferons triompher la voix -et la voie- de la fraternité et de l’amitié !»

Ce thé de la fraternité n’est pas une action ponctuelle, sans lendemain, il aura une suite : d’autres initiatives se préparent, d’autres rencontres s’organisent, il ne faut pas laisser le terrain aux haineux, l’offensive doit changer de camp, il nous faut créer un cercle vertueux et imaginer des formes innovantes d’actions. Honneur à ces femmes et ces hommes qui – dimanche – dans un petit espace convivial de Casablanca, se sont levés ! Anas, Yannick, Ayoub, Yolande, Omar, Valérie, Khadija, Pierre, Badr, Ibtissam, Ahlam, Wajdi, Maxime, Coco, Mehdi, Youssef, Daniel, Ahmed, David et tous les autres…

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