Point de vue : Hanane, Reda… et tant d’autres !

Point de vue : Hanane, Reda… et tant d’autres !

Le petit Reda à Meknès, Hanane à Rabat…les prédateurs sèment la mort et nous semblons «nous habituer» à l’horreur…

Encore et toujours, les femmes et les enfants sont dans notre pays les victimes de toutes les violences, à nouveau le viol suivi du meurtre de Reda et de Hanane viennent nous rappeler qu’hélas cela devient notre quotidien et qu’aujourd’hui les Marocaines sont en danger.

Résignation, indifférence, crainte ?… Toujours est-il que dorénavant l’indignation ne s’exprime plus que sur les réseaux sociaux (ce qui est bien évidemment indispensable), or la mobilisation sur le terrain est irremplaçable car bien médiatisée, son impact est concret, palpable.

Cette fois-ci à nouveau le risque était grand de ne voir l’indignation se manifester que sur le Web, Dieu merci la société civile veillait au grain et c’est la journaliste et militante Narjis Rerhaye Souadka qui a déclenché le sursaut en publiant ce texte :

«La victime du viol et meurtre abjects au Mellah de Rabat demande tout notre soutien  et notre mobilisation.

Le procès de son assassin se passe dans la plus grande discrétion. 

La société civile va certainement réagir et s’indigner de ce qui est arrivé à cette pauvre fille.

Ce qui est arrivé à  Rabat est égal à la barbarie d’Imlil.

Nous devons nous mobiliser pour que ce crime soit sévèrement puni.

Les femmes marocaines sont en danger face à tant de violence».

Et effectivement les mots ont fait mouche: parce que le procès de l’ assassin de Hanane risquait de passer inaperçu, et parce qu’une fois de plus -comme dans le meurtre barbare de Mareen et Louisa-  les images de son calvaire ont ajouté à la barbarie de ce que la malheureuse jeune fille a subi.

Aujourd’hui hélas, on viole, on tue et on filme !!!!!

Le nom de Hanane est donc venu s’ajouter à la longue liste des victimes de viol, de meurtre dans notre pays et en hommage à toutes ces femmes, ces enfants -tel le petit Reda- qui ont payé de leur vie ce lourd tribut à la violence meurtrière, plus de 200 personnes ont donc répondu à l’appel et se sont retrouvées vendredi devant le Parlement afin de réveiller les consciences.

Force est de constater que seule la société civile est, dans notre société, devenue une force d’action ! Rarement dans un pays, la société civile n’aura fait autant la preuve de son dynamisme et de sa capacité d’action…

– Affaire des propos misogynes sur l’antenne d’une radio : la société civile monte au créneau.

– Viol et meurtre de Hanane : la société civile demande justice.

Les combats, la vigilance, les avancées se font tous grâce à la société civile…hélas la classe politique est clairement absente de tous ces fronts… Et que dire des actions sociales, culturelles, humanitaires où la société civile est à la manœuvre…

Il faut rendre hommage à ces femmes et à ces jeunes qui sont (majoritairement) à la pointe de toutes ces causes…

Les forces vives dans notre société ont actuellement un rôle déterminant à jouer, à l’heure où toute une jeunesse -enfants du Web- émerge, à l’heure où les défis sociétaux sont d’une importance capitale et à l’heure où seules ces forces vives sont capables d’être sur le terrain étant donné le manque de confiance dont souffrent nos élus…

Comptons sur les jeunes, même négligés ils sont devenus des acteurs majeurs au cœur de la société, comptons sur les femmes et là encore un signe ne trompe pas : dans la nouvelle composition du CNDH, SM le Roi a nommé 8 femmes (en plus de la présidente) sur 14, quand le chef de gouvernement a nommé 2 femmes sur 8, et la Chambre des représentants 0 femmes …

SM le Roi nous montre la voie, le jeune président de l’association Mogajeunes, Otmane Mazzine – qui organisait un sit in à Essaouira, samedi soir- a eu raison de le dire dans son intervention «Stop aux violences faites aux femmes» sur la Place Moulay Hassan.

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