Point de vue : Il ne s’agit pas d’un «testament», mais d’un témoignage de vie!

Point de vue : Il ne s’agit pas d’un «testament», mais d’un témoignage de vie!

Cette tribune d’aujourd’hui revêt un caractère un peu personnel, mais l’envie de vous prendre à témoin, chers lecteurs, fait que je m’autorise cette liberté, elle se veut un conseil aux jeunes générations, lisez-la comme telle.

10 ans qu’au sein de l’association Marocains Pluriels je suis acteur et témoin des avancées, des ratés, des retards… que notre société enregistre, notamment dans le domaine de la jeunesse. Pendant 6 années – auparavant – j’avais débuté mon engagement au Maroc en créant le Réseau Maillage – magnifique expérience, mais qui parce que «en avance sur son temps» et dérangeante pour certains, avait dû affronter un «dézingage» en règle, à coups de rumeurs, de sabotage et de débauchages…

Dieu merci, des jeunes engagés dans ce Réseau témoignent encore aujourd’hui du bien-fondé de ce travail de terrain et moi-même ayant été rodé aux aléas de l’engagement, grâce à mon parcours en France (au cœur des cités et au sein de cabinets ministériels), ai su dépasser cette tentative de découragement, menée par certain(e)s parti(e)s, finalement inopérante. 10 ans de Marocains Pluriels donc : de Cafés Politis en Ftours Pluriels, de Morocco l’Ghedd en Escalablanca, de lutte contre le racisme, l’exclusion, le terrorisme en Solid’Action, de Concours en formations, d’Expos nomades en Fêtes de la musique, d’arganier de la fraternité en Forum euro-méditerranéen des Jeunes Leaders, de Fraterni’thé en Street Cinéma, de Nbni Bladi à Festi’Jeunes. Ce sont des centaines d’activités et d’événements réunissant des centaines et des centaines de jeunes que nous sommes fiers d’avoir à notre actif. Mon leitmotiv a été – et est toujours, depuis le début de mon militantisme à l’âge de 15 ans – le terrain, c’est ce qui a contribué à la réussite de notre action, et qui nous a permis efficacité, proximité, réalité et intégrité : sur le terrain on ne peut mentir (ou alors le masque tombe vite), c’est sur le terrain que l’on «gagne ses galons» de militant, que l’on fait la preuve de son engagement, que l’on se frotte aux difficultés et que l’on triomphe des obstacles, des embûches et des mauvais coups… si l’on en a l’étoffe…

Le secret de la réussite est bel et bien de savoir durer, d’avoir du souffle et surtout d’être un «bosseur». On peut tromper son monde pendant quelques mois, voire quelques années, on ne peut le faire sur la durée et tant d’exemples de «héros éphémères» sont là pour le prouver.

Avec un petit groupe d’amis avec lesquels je suis engagé et qui œuvrent eux aussi au quotidien, nous pouvons nous enorgueillir d’avoir réussi à faire avancer la cause de notre jeunesse, contribué à faire progresser certaines grandes questions au sein de notre société, à mettre le pied à l’étrier à nombre de jeunes, d’avoir su faire bouger certaines mentalités, d’avoir contribué à faire sauter quelques tabous dans les têtes… notre plus grande fierté étant sans doute d’avoir redonné confiance en eux à tant de jeunes, de leur avoir donné l’envie et la foi pour «oser», d’avoir incité notre société, les décideurs, à voir notre jeunesse avec un autre regard.

Alors des échecs ? Oui bien sûr !

Des ratés, des erreurs ? Évidemment !

Des réussites, des succès, des avancées, des bonheurs, des joies, des progrès, des parcours de vie «sauvés» ou reconstruits oui, mille fois oui… par dizaines, par centaines…ce n’est pas être immodeste que de le dire ce n’est pas minorer notre action tout simplement. Bref nous avons «fait du chemin», certes, il en reste tant et tant à parcourir, mais l’envol est pris : à Marrakech les jeunes de Marock’Jeunes, à Fès ceux de Par-Delà les Remparts, à Essaouira ceux de Mogajeunes, à Casa ceux des Juniors, à Rabat ceux de Hip-Hop Family et Hand to Hand, à Oujda ceux des Passagers sont – de leurs côtés – en train d’accomplir de «petits miracles» au quotidien, partout dans le Royaume des jeunes sont en train de «gagner des parcelles de terrain» et y participer est exaltant, motivant, passionnant.

Vivre ce sentiment de contribuer au progrès – même modestement- de sa société n’a pas de prix !

Ces trois grands sujets pour lesquels je me suis engagé depuis l’adolescence restent d’une cruelle activité :

– La jeunesse, qu’il faut promouvoir, aider à émerger et à se structurer, et lui permettre de devenir actrice de la vie de la cité, et de sa propre vie.

– Le vivre-ensemble, qu’il est plus que jamais – à l’heure e la barbarie- urgent de «retisser».

– La culture, en tant que lien social, en tant qu’âme d’un peuple, d’un pays, en tant que «solution» à nombre de nos maux, vecteur d’insertion sociale, d’ouverture sur l’Autre et d’épanouissement personnel qui reste inaccessible à tant de pans de notre population et en particulier de la jeunesse. En tant d’années de militantisme, on finit par «se blinder» face aux coups bas mais il ne faut jamais, jamais, devenir «blasés», il faut toujours garder sa capacité d’émerveillement, son enthousiasme, son envie d’agir, sa faculté à se renouveler, sa foi en la cause que l’on sert… On peut tomber -et l’on tombe- mais alors il faut toujours se relever, d’où cette règle de conduite : «Tomber 9 fois et se relever 10» ! Par mesquinerie, par jalousie, par incapacité à agir, par étroitesse d’esprit et de vue, par impossibilité à dépasser leurs a-priori d’aucuns s’ emploieront à dénigrer votre action : résistez, restez dignes, la vie sait reconnaître les siens, et surtout la reconnaissance, la confiance ne se fabriquent pas artificiellement, elles se méritent.

Alors oui, engagez-vous les jeunes, rien n’est jamais donné il faut toujours agir pour l’obtenir, je n’ai pas la prétention d’être un modèle, mais si je peux être un exemple alors je considérerai avoir «rempli ma mission».

Les graines que je vois pousser telles Mounir Aznail à Marrakech, Otmane Mazzine à Essaouira, Achraf Tamlakoutan à Fès, Moussa Laarif à Rabat, Mehdi Tazi à Casa et dans leur sillage Hamid, Omar, Samy, Fatima Zahra, Aya, Ibtihal, Mamoun, Ayyoub, Naima, Youssef, Maha, Reda, Cyrine, Mohamed, Achraf, Azeddine, Brahim, Chaimae, Imane, Mouhssin, Yassine et tant d’autres jeunes dont la moyenne d’âge tourne autour de 20 ans, me donneront encore et toujours l’envie et la force de poursuivre la route… avec eux !

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