octobre 16, 2018

 

Point de vue : J’aime mon pays !

Point de vue : J’aime mon pays !

Dieu ! Que ces mots, somme toute très simples, peuvent être devenus si compliqués à prononcer aujourd’hui, comme si le simple fait de les penser, de les dire était incongru…

Il faut dire que tant de choses hélas nous poussent à «dés-aimer» notre pays, comme ce dernier exemple qui voit le chauffard ayant tué madame Pierrette M’jid, au volant d’une de ces grosses voitures et prendre la fuite, n’écoper que de 2 mois de prison…

Y a-t-il pire sentiment de hogra ?

Dans son combat pour la justice, son fils Soufiane se bat avec dignité!

Pourtant mon pays je l’aime : la terre tout d’abord que je peux saisir à pleines mains et malaxer, j’en aime l’odeur, ce mélange d’épices, d’air marin, de senteurs des montagnes, d’effluves de ses campagnes qui certes évolue selon les lieux, les contrées, mais paradoxalement est unique dès lors que l’on descend d’avion.

J’en aime le soleil, la pluie, le brouillard, la bruine qui chacun marque des moments de ma vie. J’en aime ses habitants, mes compatriotes, bourrés de défauts -dans lesquels je dois bien moi aussi me retrouver- mais dont les qualités sont bien plus fortes que l’on ne veut le dire.  Ces Marocains si attachants, si patients, si courageux et qui ne demandent qu’à aimer leur pays !

J’aime mon pays, cela ne veut pas dire que je le peins en rose, que j’en nie les tares, les manques, les retards mais cela signifie que malgré tout cela, malgré ses failles je le place au-dessus de tout dans mes priorités, mes espoirs, mes désirs d’avenir et que plutôt que de m’en détourner, de le dénigrer, voire de le renier, je lui conserve tout mon amour et mon attachement viscéral. J’aime mon pays… oh je sais ce n’est pas «actuel» de dire ça, ce n’est pas tendance, ce ne sont pas les mots que les réseaux sociaux aiment à publier, je crois même avoir rarement lu autant de mots de désamour que ces derniers mois…

Sans doute dans la bouche de certains est-ce surtout une réaction épidermique aux situations douloureuses qu’ils vivent, mais ce leit motiv devient inquiétant, tant il est vrai qu’aujourd’hui c’est celui -ou celle- qui déclare son amour pour le pays qui devient suspect !

Suspect d’être un bisounours, alors que cracher sur le pays serait signe de courage, de digne rébellion, de franchise… Quelle inversion des valeurs! Encore une fois, mener cette sorte de «combat» pour que nous retrouvions l’amour du pays n’est pas simple car en fait ce sont ceux qui font que tant de jeunes Marocains se détournent du pays par leur suffisance, leur arrogance, leur sentiment de toute puissance et d’impunité… qu’il faut combattre. Alors oui on me rétorquera que le pays «ne fait rien pour qu’on l’aime», et c’est là que le débat est biaisé, le pays est digne de notre amour, digne de notre attention, digne de nos espoirs et cet amour doit être bien plus fort que tout ce que ces innombrables empêcheurs d’aimer en rond nous font subir au quotidien. Aimer notre pays c’est aussi s’aimer soi-même, pour en discuter si souvent avec les jeunes je sais qu’au fond d’eux-mêmes ils sont attachés à leur pays et s’ils s’en détournent ce n’est jamais de gaité de cœur mais par dépit, par désillusion, par ras le bol… saisissons-nous de ce combat : rendons à notre pays l’amour qu’il mérite, c’est à ce prix que nous dépasserons le profond malaise que nous vivons aujourd’hui.

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