Point de vue : Les fourmis… et les termites

Point de vue : Les fourmis… et les termites

A travers tout le pays elles s’activent ces fourmis !

Laborieuses, citoyennes, convaincues… sans bruit elles avancent et tentent de faire avancer notre société, notre pays. Ces fourmis ce sont des jeunes -filles et garçons- qui aux quatre coins du Royaume s’engagent au sein d’associations, dans leur quartier, leur commune, leur école ; ce sont des femmes et des hommes de bonne volonté qui donnent leur souffle à la société civile, et qui aujourd’hui s’emparent avec ferveur de toutes les grandes questions sociétales.

Ces fourmis ce sont aussi des artistes, des sportifs, des femmes et des hommes des médias, de la communication qui «débordent» le cadre strict de leur travail pour donner de leur temps, de leur talent, de leur énergie… Ce sont aussi -pourquoi le taire- des agents d’autorité, des représentants des forces de l’ordre… qui s’efforcent de (ré)concilier leurs fonctions avec le terrain, de restaurer la confiance avec et par le citoyen, confiance qui aujourd’hui est la grande absente. Ce week-end j’ai moi-même été fourmi : j’ai, avec les jeunes bénévoles de l’association MOGAjeunes, parcouru des kilomètres de route non goudronnée, de piste, avalé poussière et chaleur pour parcourir ce que l’on nomme pudiquement l’arrière-pays (ici il s’agit des alentours d’Essaouira). Avouons-le très sincèrement, nos compatriotes des douars ont absolument besoin de nous, les acteurs associatifs, la société civile.

Notre action s’intitulait «SANS cartables ? Non ! CENT cartables» et avait pour objectif de procéder à la distribution de fournitures scolaires pour les enfants de 3 écoles de la région de Ait Daoud, l’idée venait des jeunes de MOGAjeunes eux-mêmes. Investis dans leur ville d’Essaouira, ils voulaient absolument compléter leur programme d’activités associatives, culturelles, sportives, artistiques.

Ils avaient aussi la volonté de «sortir» de la zone urbaine pour aller à la rencontre des zones rurales où la jeunesse a bien besoin d’exemples, d’expériences pour elle aussi s’engager et s’investir. Nous y avons rencontré de jeunes enseignants formidables, totalement impliqués, des écoles d’un grand dénuement, une population qui vit dans des conditions difficiles mais fait preuve d’un vrai patriotisme et des enfants qui font preuve d’une envie d’apprendre extraordinaire. Envie d’apprendre que nous serions si heureux de rencontrer chez nos jeunes citadins !!!

Que dire face à la joie -au bonheur, plus exactement – de ces enfants, lorsqu’on leur offre un cartable, qu’ils l’ouvrent et farfouillent avidement dans leur trousse ????

En fait les mots sont insuffisants pour décrire ce sentiment qui nous étreint fait d’humilité ( on se sent tellement privilégié et tellement impuissant) et en même temps tellement heureux d’avoir pu contribuer -même très modestement- à cette action collective, solidaire, citoyenne… humaine !

SM le Roi vient de lancer la rentrée scolaire et l’opération «1 million de cartables», il ne l’a pas fait pour que nous nous en sentions «quitte» en nous disant «le Roi l’a fait», il l’a fait pour que nous mettions nos pas dans les siens et nous nous impliquions nous aussi.

Là aussi je voudrais rendre hommage à d’autres fourmis -ces donatrices, ces donateurs -sensibles à l’appel de ces jeunes et qui ont fait le pari de la confiance (denrée si rare de nos jours) en participant à la collecte des cartables et des fournitures ; là aussi il me faut, hélas, répondre aux fameux donneurs de leçons et autres inspecteurs de travaux finis et qui font mine de s’offusquer devant les photos d’une si belle action publiées sur les réseaux sociaux.  Qu’ils s’indignent donc des photos de violence, de sang, de haine, de viols et autres crimes qui sont publiées quotidiennement, plutôt que d’images qui ont pour but de susciter l’adhésion, de rassurer les citoyens sur la fiabilité du mouvement associatif et provoquer l’émulation… Mais le dénigrement fait feu de tout bois chez nous… Ce sont toutes ces fourmis qui tissent notre vivre-ensemble au quotidien, qui font que les mots solidarité, citoyenneté, proximité ont un sens, vous ne trouverez pas de longues tirades sur ces actions sur Twitter (notamment), ce n’est pas «bankable», ce n’est pas propice à la lumière des projecteurs de la presse étrangère -et là pour être très clair je ne critique nullement les militants sincères et désintégrés de la cause des droits de l’Homme, ils ont tout mon respect- je parle bel et bien de ces «termites», pour lesquelles toute cause est juste bonne à saper les fondements de notre habitation commune. Un combat est noble lorsque l’on sert une cause et non lorsque l’on se sert de cette cause !

Gloire aux fourmis, leur travail, laborieux, minutieux et inlassable est en train de (re)tisser notre tissu social, elles œuvrent au bien commun !

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