Point de vue : Les mêmes chances

Point de vue : Les mêmes chances

Ces mots extraits du discours de SM le Roi à l’occasion de l’ouverture de l’année législative résument à eux seuls le défi qui nous est posé : il est primordial -pour aujourd’hui et pour demain- que quelle que soit la région où il est né, quelle que soit la situation de sa famille, quel que soit son réseau de connaissances…/… tout(e) Marocain(e) ait des chances égales  de réussite.

Or nous le savons bien, cela n’est absolument pas le cas actuellement -loin s’en faut- en posant ce challenge devant tous les parlementaires, SM le Roi leur a imposé une responsabilité qui si elle n’était pas assumée hypothéquerait les chances de notre pays en mettant à mal sa stabilité, les disparités sociales devenant insupportables.

Ce passage du discours royal nous met face à l’avenir :

«Notre pays fait face à des enjeux et à des défis multiples et imbriqués les uns dans les autres. Pour les relever, l’attentisme et les calculs étriqués ne sont guère permis.

En effet, le Maroc doit s’affirmer comme un pays d’opportunités et non d’opportunistes. Quel qu’il soit, chaque citoyen marocain doit jouir des mêmes chances pour servir son pays et être sur un pied d’égalité avec ses compatriotes pour tirer profit des richesses nationales et des occasions d’épanouissement et d’ascension sociale. A vrai dire, le Maroc a besoin, aujourd’hui plus que jamais, de vrais patriotes, mus par la seule volonté de défendre les intérêts de leur pays, de leurs concitoyens, exclusivement préoccupés par le souci de rassembler les Marocains et non de les diviser».

On mesure le chemin à parcourir: les opportunistes ont pris le pas sur les opportunités, l’ascenseur social n’est même plus en panne, il est cassé !

Diviser les Marocains ?! Certains hommes politiques, de par leur populisme, n’ont cessé de nous dresser les uns contre les autres : pour une jupe, pour un festival, pour un voile… or les hommes d’Etat existent, prêts à assumer les responsabilités, hélas trop de partis politiques préfèrent reconduire les mêmes dirigeants plutôt que de leur donner la possibilité d’émerger.

Quant aux patriotes, on ne cesse de dévaloriser ce terme, au point de le faire passer pour une injure !

L’échec de notre modèle de développement est patent mais qui peut aujourd’hui proposer un modèle mobilisateur et fédérateur ?

Quels sont les politiques aujourd’hui capables de nous pousser -tous- à dépasser notre paralysie et faire passer l’intérêt commun avant tout : redonner de l’espoir, tracer des perspectives, donner d es raisons d’y croire, créer du sens, réinventer du «commun»… ?

Ils existent bien sûr – et répéter à longueur de temps le leitmotiv «tous pourris» est à la fois injuste et démobilisateur- à eux d’écarter ceux qui les (et nous) tirent vers le bas et faire appel à une nouvelle génération de compétences, correspondant aux critères répétés par le Souverain dans son discours : «Le Maroc a aussi besoin d’hommes d’Etat sincères et engagés à assumer avec abnégation les responsabilités qui leur incombent».

Il est encore temps ! Mais justement ce temps presse, car il n’est pas possible de nous résoudre à voir notre jeunesse céder aux chimères de l’immigration clandestine au péril de leurs vies. Je terminerais cette tribune par quelques phrases d’un magnifique texte écrit par le jeune Mehdi Jamal Alaoui et lu au Forum euro-méditerranéen des jeunes Leaders à Essaouira, dont la force a donné le frisson à la salle :

«Qui suis-je ? Je ne sais plus où je vais, je ne sais plus qui je suis, je ne sers à rien. Telles étaient tes pensées, lorsque tu atterris face à la mer, face à ton sort tellement amer.

Telles étaient les idées qui te traversaient l’esprit alors que tu scrutais au loin le soleil s’empressant d’effleurer l’horizon azur, tandis que tu voyais de plus près ta vie pourrir par l’usure…».

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