Point de vue : Maroca’un

Point de vue : Maroca’un

Un double exploit a été accompli par notre équipe nationale le 11 novembre en se qualifiant pour la Coupe du monde: un exploit sportif tout d’abord et un exploit patriotique en même temps.

En gagnant ce match ils ont, en effet, créé une union nationale comme on en voit peu. Toutes générations confondues, toutes classes sociales confondues, toutes régions confondues, c’est un même élan qui a poussé des millions de Marocains à sortir dans les rues, tant dans les villes du Royaume que dans les pays où vivent nos compatriotes de l’étranger.

Et de fait en termes simples pour le dire: c’était beau à voir !

Beau à voir ces rues pleines à craquer débordant de liesse, ces drapeaux brandis par milliers, ces concerts de klaxons, ces chansons, ces embrassades… durant toute une nuit le peuple marocain a communié dans une même ferveur.

Pas de violence, pas de tensions, pas de regards d’animosité, de méfiance ou de défiance, juste le plaisir d’être ensemble. Et réellement le temps s’est arrêté, pas de souci du lendemain, pas de problèmes venant parasiter le moment, pas d’inquiétude sur ce qui fait notre quotidien… seule l’envie de partager cet instant, le besoin de «communier».

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : une communion !

Un moment salvateur !

Nous en avions tellement besoin de cet élan, tellement besoin de ces «retrouvailles» avec nous-mêmes et avec nos compatriotes : cet instant magique où tout un peuple se sent appartenir à une même Nation.

Tellement besoin de ce souffle libérateur de tant d’angoisses, de tant de frustrations, de tant de tensions… tellement besoin de se sentir marocains.

Ce soir-là des millions de Marocains faisaient «Un», les Marocains faisaient le Maroc’Un. Peu d’occasions, peu d’événements, peu de personnes sont capables de réussir cette sorte de miracle dans n’importe quel pays du monde -où aujourd’hui l’individualisme tue petit à petit le vivre-ensemble- de faire en sorte que le citoyen se sente en osmose avec ses compatriotes au point de se fondre dans une seule et même famille. Quelques rares célébrations historiques, quelques grands événements artistiques et particulièrement sportifs réussissent là où les politiques sont voués à l’échec, de faire vivre un sentiment sain de patriotisme et non pas nationaliste. Reconnaissons au foot cette immense vertu, malgré toutes les dérives qui l’affectent il conserve ce pouvoir magique.

Il fallait vraiment sortir dans la rue ce soir-là, pour être «pris aux tripes», pour se sentir irrésistiblement attiré, entraîné par la foule. Foule humaine, foule sentimentale, foule transcendante. Bien sûr la liesse retombe, l’euphorie se fait plus raisonnable mais ce moment a existé, il a existé et il a «changé quelque chose», à nous de faire que cela ne soit pas éphémère, à nous de rendre cette communion pérenne, ce sentiment d’appartenance durable ; on le voit, c’est possible, il nous faut donc agir pour que cette union soit un tremplin pour quelque chose de positif sur le court et le long termes, quelque chose qui nous rend moins égoïstes, plus attentifs à l’autre, quelque chose de bénéfique à l’ensemble de nos compatriotes et à notre pays, quelque chose qui pourrait s’appeler un projet pour une  «communauté de destin» mobilisatrice et fédératrice. Un dernier mot pour célébrer également les Marocains du monde: si l’on doit dire bravo à toute notre équipe nationale, bravo et merci… ayons une pensée particulière pour nos joueurs binationaux, qui ont eu le «courage» de choisir le Maroc et qui ont souvent eu à subir les remarques xénophobes de quelques aigris, leur prestation a balayé ces miasmes comme la marée balaie l’écume.

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