Point de vue : SOS… jeunesse en déshérence !

Point de vue : SOS… jeunesse en déshérence !

En quoi et comment un pays peut-il considérer qu’il est sur le bon chemin ? Certains vous diront en se basant sur le niveau de vie de ses habitants, d’autres sur sa pratique démocratique, d’autres encore sur ses infrastructures, sur les performances de son industrie… Sans doute tout cela est-il juste, bien peu cependant vous répondront que l’indice de réussite d’un pays se mesure à sa capacité à faire de sa jeunesse une génération à même de relever les défis du futur…

Une jeunesse bien dans sa peau, sachant distinguer le bien du mal -c’est-à-dire porteuse de valeurs- capable de surmonter les épreuves, les obstacles, les pièges de la vie, les maux de la société pour tracer son chemin et par là-même tirer tout le pays vers le haut est -me semble-t-il- l’objectif suprême d’une Nation. C’est aussi, selon moi, l’indice de la bonne santé de ce pays. Oserons-nous nous avouer qu’en ce domaine nous sommes loin du compte, accepterons-nous de nous poser les bonnes questions pour trouver les bonnes solutions car il est temps de reconnaître qu’une partie de notre jeunesse est en train de sombrer : sauvagerie, délinquance, drogue, radicalisation…ou bien apathie totale, je-m’en-foutisme absolu, démission suicidaire… Laisser nos jeunes pousser comme une herbe folle dans une jungle ne peut que nous conduire au chaos. Il y a urgence à décréter notre jeunesse en danger de déshérence et d’agir !

Il est encore temps mais il y a urgence absolue. L’immense majorité de notre jeunesse veut s’en sortir et fait preuve de beaucoup de patience, de volonté, d’esprit positif…allons-nous continuer à être aveugles et sourds à son appel, au risque de voir une minorité sombrer et tout emporter avec elle ?

Notre jeunesse est aujourd’hui incapable de se projeter dans l’avenir, incapable de rêver, de s’imaginer un futur, elle manque totalement de confiance en elle… pire elle ne s’aime pas. Les prémices du délitement sont là, s’il était besoin d’une preuve, l’acte barbare du jeune originaire de Benguerir se livrant à des attouchements qui confinent au viol sur une jeune fille viendrait nous la fournir !

Le professeur Mohamed Ennaji a trouvé le mot clé en parlant de «mutants». Effectivement nous en sommes là et plus les dérives s’incrustent et plus nous nous rendons compte que nous ne parvenons même plus à communiquer avec nos jeunes. Un de nos jeunes qui agresse sexuellement une de nos jeunes… cette scène se répète et devient hélas courante.  Que faire ? S’indigner une fois de plus, puis passer à autre chose ? Faire du buzz voyeur en publiant la vidéo ? Préconiser la peine de mort (oui j’ai lu ça) ?

Nous mêmes sommes tombés dans le piège que nous tendent les nouvelles technologies puisque d’aucuns ont osé publier la photo d’un jeune, le décrivant comme étant le harceleur, au risque de briser sa vie !

La déshérence de notre jeunesse a enfanté ces mutants. Dire qu’il serait trop tard c’est se condamner au naufrage, par contre dire qu’il y a des solutions -pas des solutions miracles certes- c’est se donner les moyens d’agir, d’inverser les tendances et de sauver nos jeunes, ce qui revient à nous sauver tous. Qu’il soit clair que prôner des «remèdes» tels que la castration, la déportation (sic) est une abomination, faire dans l’angélisme serait contre-productif, alors choisissons l’action : concrète, pragmatique, volontaire, innovante, résolue !

Commençons par jeter des ponts en direction de l’immense majorité de notre jeunesse qui est «en attente», dans une stratégie positive, qui veut réussir car malheureusement elle est -elle aussi- livrée à elle-même, sans interlocuteurs, sans modèles, sans précurseurs. Ce doit être notre priorité : l’’aider à émerger, l’associer, la conforter, lui donner les moyens de son espoir… Combien sont ils ces jeunes qui s’engagent, qui s’investissent, qui créent ? Des centaines, des milliers…qui s’intéressent à eux ? Qui leur tend la main ?

Je pourrais prendre des exemples à l’infini mais je me contenterais du dernier en date : ces jeunes qui, conscients que notre jeunesse a besoin de rêver, qu’elle a besoin de trouver un moteur fédérateur et mobilisateur, se sont mobilisés pour créer «Génération Coupe du Monde», saisissons «la balle au bond» et aidons-les à être des dynamos pour, par et avec l’ensemble des jeunes. Car je suis persuadé d’une chose : si nous réussissons à tirer vers le haut toute cette partie de la jeunesse qui le souhaite avec tant de force, alors c’est elle qui saura et qui réussira à sortir de l’ornière ceux qui se sont hélas enlisés.

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