Politique : Changer de génération

Politique : Changer de génération

Le rôle des anciens est d’accompagner, non pas de vouloir à tout prix rester sur le devant de la scène et garder la main sur les commandes -cette main fut-elle tremblante.

Dans son discours du Trône, SM le Roi a appelé les partis politiques à se renouveler et à se rajeunir. Dans la foulée les politiques ont unanimement applaudi, est-ce à dire qu’ils vont réellement appliquer cette recommandation ?

Rien n’est moins sûr lorsque l’on voit à quel point la génération des 70-80 ans s’accroche à son siège !

Le rôle des anciens est d’accompagner, non pas de vouloir à tout prix rester sur le devant de la scène et garder la main sur les commandes -cette main fut-elle tremblante.

En France un président de 39 ans a été élu, chez nous les jeunes sont considérés comme des figurants, des distributeurs de tracts… les postes de responsabilités des partis ne sont pas pour eux, les rôles de décideurs non plus, quant aux «chabibas» de ces partis elles ne sont que des caricatures !

Ce ne sont pas les jeunes qui s’engagent dans ces chabibas que je mets en cause -au contraire je les trouve très courageux- mais bel et bien le périmètre d’intervention que veulent bien leur laisser les dirigeants des partis.

Le politologue Mohamed Tajeddine El-Husseini l’explique bien lorsqu’il dit que ces dirigeants sont aux commandes «depuis des décennies fermant la voie au changement et barrant la route aux jeunes à même d’apporter un sang nouveau.»

Le fait que l’encadrement des formations partisanes soit d’un âge avancé a des conséquences dramatiques sur la perception qu’ont les politiques de notre société et tout particulièrement sa jeunesse .

Ils sont tout simplement en décalage, en déphasage total : que connaissent- ils du digital, que comprennent-ils de la révolution des mentalités et des pratiques véhiculée par les réseaux sociaux, que savent-ils des nouveaux rapports homme-femme, que maîtrisent-ils des nouvelles formes d’expression ?????

Et par là-même comment pourraient- ils donc répondre aux attentes, aux besoins, aux espoirs de notre population ?

Ces dirigeants sont de «l’ère d’avant», celle d’avant le numérique, celle d’avant le street art, celle d’avant les dénonciations via les vidéos, celle d’avant les revendications de parité, celle d’avant la défiance clairement exprimée à leur égard, c’est un peu comme si, à l’heure du TGV, ils en étaient encore à l’omnibus…

On le voit clairement en période de crise, qui d’entre eux a compris le phénomène du boycott et a su y répondre, qui d’entre eux a su monter au créneau pour dénoncer la campagne #kounrajel, qui d’entre eux a mesuré la soif de culture de notre jeunesse et proposer une politique digne de ce nom en la matière, qui d’entre eux a eu le courage de faire savoir publiquement que l’heure de sa retraite avait sonné et qu’il laissait la place à une nouvelle génération ?

Le Maroc qu’ils connaissaient n’est plus, ils en sont les vestiges, la société est en pleine mutation, ils ont un rôle à y jouer -s’ils sont capables de le comprendre et de l’assumer- celui de «sages», de personnes ressources, de référents ; dans ce cas ils ne seront pas mis hors jeu et jouiront de respect et de considération, dans le cas contraire s’ils s’accrochent et barrent ainsi la route à la nécessaire adaptation de leurs partis ils porteront la responsabilité de notre échec.

Nos jeunes ne sont pas des ingrats, ils revendiquent leur place légitime et sauront reconnaître ceux qui auront contribué à faire avancer leur génération…

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *