Post-scriptum : abstention…

Post-scriptum : abstention…

Que les jeunes ne sont pas allés voter notamment et que le pourcentage d’abstention dans les villes, telle Casablanca, et nombre de quartiers populaires soit écrasant. La France, vieille démocratie s’il en est et où la classe politique a une longue tradition mobilisatrice est aujourd’hui confrontée à un phénomène de refus de participation au vote colossal. En effet, moins d’un Français sur deux s’est rendu aux urnes à l’occasion des élections régionales… Là aussi la jeunesse a déserté les bureaux de vote et les cités se sont largement abstenues… certes ils ne sont pas les seules à s’être mis «hors vote», bien d’autres couches sociales ont fait de même, mais il n’empêche que lorsque la jeunesse s’abstient –tout comme la population des quartiers- c’est tout un processus démocratique qui se trouve dévalorisé. Comme vidé de son sens, de son contenu. Que la France, et d’autres pays de vieille tradition démocratique, vivent ce phénomène ne doit pas nous consoler, mais cela nous montre –à nous qui sommes moins aguerris en la matière- le chemin à parcourir. Quiconque attaché au droit de vote, conscient de la valeur du geste et sachant à quel point cela est précieux, et combien de peuples sont obligés -eux- de se battre pour l’acquérir, quiconque donc défenseur de ce processus ne peut que s’alarmer de la désaffection des électeurs. Oh bien sûr, les causes sont multiples mais –tout de même- les partis, les élus, la classe politique dans son ensemble, doivent s’en sentir les premiers responsables : ils doivent s’auto-critiquer, remettre en cause leurs pratiques et leurs programmes !
A eux d’être capables d’intéresser la population, de motiver la jeunesse, de proposer un choix… bref de susciter l’envie, l’adhésion… Mais c’est aussi toute une chaîne de responsabilités –en amont- qui sont en cause, de l’école aux médias en passant par les structures d’encadrement. Par ailleurs, le droit de vote, n’est pas un élément isolé, il fait partie de ce que l’on appelle «les droits et devoirs» et force est de constater que ceux-ci demeurent bien mal-connus de la population ; c’est dire si le civisme, la citoyenneté, le sens du devoir, la responsabilité ont besoin d’être réhabilités et inculqués. Au Maroc, des élections importantes se dessinent à l’horizon 2012, importantes car elles arrivent après un chamboulement profond de notre paysage politique et à une échéance de notre positionnement vis-à-vis de l’Europe cruciale, c’est dès maintenant qu’il nous faut entreprendre la sensibilisation au vote, à l’importance d’aller voter. Il ne s’agit pas –comme trop souvent- d’attendre les dernières semaines avant l’échéance pour tenter de mobiliser. Le vote c’est aussi une éducation et cela nécessite du temps et de la pédagogie, l’exemple de ce qui s’est passé en France montre qu’en la matière rien n’est acquis et que voter ça se mérite.

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